Polémique autour du Bouwmeester bruxellois

Kristiaan Borret: "On parle tout le temps du concours concernant le Musée Citroën et des 92 candidatures reçues… Mais c’est l’arbre qui cache la forêt." ©debby termonia

Critiqué ces dernières semaines par certains professionnels et représentants politiques, le Bouwmeester bruxellois Kristiaan Borret dit n’avoir rien à cacher. Il fourbit ses chiffres et multiplie les concours avec des partenaires privés. Cette semaine au menu: Immobel et Suez.

Du 23 février au 1er mars, le BMA, l’équipe du Bouwmeester bruxellois Kristiaan Borret orchestrait une longue semaine "portes ouvertes" dans ses nouveaux bureaux de la rue de Namur à Bruxelles. Le leitmotiv: "Nous, on n’a rien à cacher et on veut renforcer la transparence et l’ouverture au marché!". Si cette opération-séduction a bien attiré les visiteurs, curieux et intéressés de tout poil et âge, encore faudra-t-il vérifier si elle dépasse le succès d’estime et fait florès.

Et pour l’instant, rien n’est encore acquis. Il y a d’une part la campagne de dénigrement menée par certains architectes bruxellois francophones de premier plan, qui reprochent au Bouwmeester de "rouler" pour les professionnels flamands et de les "blacklister". Et de l’autre, une interpellation parlementaire de l’échevine de l’Urbanisme de la commune d’Ixelles, Viviane Teitelbaum (MR), adressée mercredi à Rudi Vervoort (PS) en Commission de l’Urbanisme et reprenant la même idée.

"Old School"

Face à ces attaques, Kristiaan Borret répond par médias interposés, sans courber l’échine. Il y qualifie notamment de "old school" ses détracteurs et fourbit ses chiffres. Sur la centaine de concours lancés depuis sa nomination en 2014, la majorité aurait désigné des architectes francophones, 60% exactement, pour 25% de néerlandophones et 10% d’étrangers.

Kristiaan Borret invite ses détracteurs à participer aux deux derniers concours non encore publiés, que nous vous livrons en primeur. ©wim kempenaers (wkb)

Ce que ne disent pas les statistiques, c’est les budgets des concours respectifs. Par exemple, pour celui du Musée Citroën-Pompidou - sans doute le plus important de son contrat –, pas un seul consortium 100% belge n’est passé au travers du filtre de sélection, qui a retenu 7 équipes. Le jury se réunit à huis clos le week-end prochain pour désigner le lauréat final. Un procès-verbal devrait ensuite acter le choix dans les jours qui suivent. Et le prochain Mipim cannois, où plus de 1.300 professionnels belges du secteur immobilier seront présents, dont le maître architecte bruxellois, sera fertile en commentaires.

"On parle tout le temps du concours concernant le Musée Citroën et des 92 candidatures reçues… Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Pour un des derniers lancés, l’extension de l’hôtel Crowne Plaza place Rogier, on en a reçu 72. On a également augmenté fortement le nombre de concours portés par des maîtres d’ouvrage privés, promoteurs et autres" (Kristiaan Borret)

Kristiaan Borret revient à ses procédures et ses grilles de sélection motivées.

"Aujourd’hui, notre première victoire est de ne plus être cantonné dans des projets dits 'simples', tels que les contrats de quartier. En 1.000 jours de travail, on a organisé 100 concours, donc un tous les dix jours en moyenne. En superficie, nous atteignons 400.000 m² à bâtir. Et le nombre de candidatures a également augmenté: on en compte 30 en moyenne par concours lancé via nos services" (Kristiaan Borret)

Regarder de l’avant

Entouré de son équipe désormais au complet, ce dernier préfère d’ailleurs aller de l’avant et travailler à mieux faire durant les quelque 600 jours restants (contrat de 5 ans). Et il invite ses détracteurs à participer aux deux derniers concours non encore publiés, que nous vous livrons en primeur.

Tout d’abord, un appel à marché lancé par la société Suez le long du canal. Stratégiquement située à l’avant-port, juste à la frontière avec la Région flamande (Vilvoorde), la filiale de Suez spécialisée dans le tri des déchets souhaite renforcer sa présence et son activité. "Après avoir remporté un appel à projet lancé par le Port de Bruxelles, Suez souhaite étendre sa concession sur un terrain voisin. Un projet stratégique donc, qui rencontre parfaitement les ambitions de maintien et de développement de l’activité productive sur la zone du canal et pour lequel une équipe pluridisciplinaire est recherchée", détaille le Bouwmeester. La mission porte sur l’optimisation de l’utilisation de l’espace, en séparant notamment les activités opérationnelles et logistiques. En outre, il s’agira d’envisager l’aménagement de la nouvelle parcelle et la construction d’un immeuble de parking couvert, où des emplacements destinés aux véhicules privés et au charroi logistique devront cohabiter.

Suez a prévu un budget global de 4,2 millions d’euros hors TVA et honoraires. " Après un appel public à candidatures cette semaine, trois équipes seront invitées à remettre une proposition pour la fin du mois de mai ", précise Kristiaan Borret.

Dans le centre-ville, en bas de la place du Sablon, un autre concours sera lancé dans les tout prochains jours. Cette fois, c’est le promoteur Immobel qui porte le dossier. Au programme, outre la démolition partielle de l’îlot urbain (ex-propriété de la filiale immobilière de Belgacom, Connectimmo) entre les rues Lebeau et Paille, le projet mixte, dont le budget avoisine les 60 millions d’euros, vise à intégrer bâti existant et construction neuve. Après lancement d’un appel public à candidatures, 5 équipes seront sélectionnées pour le concours lui-même, qui se conclura dès juin prochain. Assar Architects est en charge du plan masse.

©debby termonia

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