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Pour une fiscalité vraiment intelligente

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Bruxelles révise sa fiscalité automobile. Elle prend le bon chemin, mais la route est encore longue.

Péage, taxe kilométrique, vignette… Dès qu’il s’agit de toucher à la voiture, le Belge rugit comme un bon vieux moteur diesel. Le projet de réforme de la fiscalité automobile sur lequel planche le gouvernement bruxellois est donc très sensible.

Le concept? Remplacer les taxes actuelles par une taxation intelligente, variable en fonction de certains critères (kilomètres parcourus, heure, type de véhicule). Ce principe est juste et nécessaire. Il est juste car il fonctionne selon le schéma du "pollueur payeur". Rouler en gros SUV rue de la Loi à 9h n’a pas le même impact que circuler dans une petite voiture électrique dans un quartier décentralisé en pleine nuit. Pour garantir cette équité, le projet doit être souple et bien proportionné. Les mesures sur la table vont dans ce sens puisque, par exemple, la taxation est nulle le week-end ou après 19 heures. Il ne faut pas davantage de taxes mais des taxes mieux réparties et plus efficaces. Pour changer des comportements, rien de tel que de frapper au portefeuille. Il faut taxer davantage l’usage nocif de la voiture, et moins sa possession.

La réforme est nécessaire car elle participe d'objectifs à long terme: réduire la congestion du trafic, diminuer notre empreinte carbone et améliorer la qualité de l’air en ville. C’est bon pour la santé, pour l’environnement mais aussi pour l’économie: une mobilité performante renforce l’attractivité d’une région alors que des embouteillages coûtent des milliards à notre économie.

Pour changer des comportements, rien de tel que de frapper au portefeuille.

Bruxelles doit toutefois éviter de construire un mur fiscal à ses frontières, qui en ferait un repoussoir pour les entreprises. Le projet bruxellois doit s’inscrire dans une refonte plus globale de la fiscalité automobile en Belgique. Il faut notamment éviter des effets néfastes pour les navetteurs. Cela fait des années qu’un accord de coopération entre Régions se fait attendre. L'heure ne peut plus être à l’immobilisme. La Flandre et la Wallonie doivent embrayer.

Enfin, la réforme bruxelloise en gestation place aussi les pouvoirs publics devant leurs propres responsabilités. C’est très bien de désacraliser la bagnole et de promouvoir la multimodalité. Mais il faut aussi des alternatives crédibles et efficaces, notamment dans les transports en commun. Or, on est encore loin du compte.

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