Pourquoi Bruxelles veut abaisser les quais du canal

La courbe du bassin Vergote et l'une des deux premières zones d'intervention retenues par le gouvernement bruxellois pour son projet d'abaissement et de verdurisation des quais du canal. ©Tim Dirven

Le gouvernement bruxellois a récemment choisi deux premières zones d'intervention: le parc des Armateurs et le quai des Péniches.

Autrefois prospère, la zone du canal a particulièrement souffert de la désindustrialisation dans les années 70, entraînant une détérioration du bâti et l'apparition de friches urbaines. Cette voie d'eau représente aujourd'hui une sorte de frontière invisible dans une capitale dualisée socio-économiquement mais aussi électoralement. Depuis plus d'une décennie, les gouvernements régionaux successifs ont pour ambition de faire du canal la colonne vertébrale du développement territorial. En témoigne tout d'abord le schéma directeur élaboré par l'urbaniste français Alexandre Chemettof suivi d'un plan de qualité paysagère pondu en 2019 pour tenter d'apporter de la cohérence dans ce périmètre.

Lente, la mue du canal est devenue visible ces dernières années en raison de projets phares, de la tour résidentielle Up-Site au musée d'art contemporain Kanal en passant par le centre commercial Docks. Une dynamique qui avait aussi été enclenchée par le redéploiement du site de Tour&Taxis en face duquel la passerelle Suzan Daniel permettra très prochainement aux piétons, cyclistes et transports publics d'enjamber le canal.

Les quais avec potentiel identifiés

Dans son accord de majorité, l'équipe de Rudi Vervoort (PS) avait inscrit sa volonté d'étudier la possibilité d'abaisser et de verduriser les quais du canal afin de renforcer le lien entre l'espace public, l'eau et la nature. C'est dans cette optique qu'une étude de faisabilité avait été lancée en 2020 pour identifier les zones du canal pouvant se muer en espaces publics de qualité et évaluer les contraintes techniques et spatiales.

Dans son accord de majorité, l'équipe de Rudi Vervoort (PS) avait inscrit sa volonté d'étudier la possibilité d'abaisser et de verduriser les quais du canal afin de renforcer le lien entre l'espace public, l'eau et la nature.

Confiée au consortium de bureaux d'études ORG Squared et Bas Smets, l'analyse a permis d'identifier trois catégories de quais : potentiel d'abaissement sans restriction particulière, potentiel pour lequel un réaménagement routier est nécessaire et potentiel d'abaissement compte tenu de la présence d'infrastructures souterraines. L'étude définit également trois zones de continuités géographiques : du Monument au Travail au Domaine Royal; du quai Fernand Demets au quai de Biestebroeck; du quai des Péniches au quai des Armateurs.

C'est la possibilité d'abaisser les quais de ce dernier tronçon qui a ensuite été examinée dans de plus amples détails. Outre la faisabilité au niveau technique, d'autres critères ont pesé dans la sélection : l'accessibilité à partir du centre-ville; la proximité avec des points d'intérêt tels que le Kanal et le Kaaitheater; l'ensoleillement...

Terrasse au bord de l'eau

Dans le cas du quai des Armateurs, l'abaissement du quai au niveau de la courbe du bassin Vergote pourrait s'intégrer dans le cadre du contrat de rénovation urbaine (CRU) Citroën-Vergote qui prévoit notamment l'extension du parc Maximilien et la construction d'un équipement sportif le long du canal. L'abaissement du quai permettrait dès lors de prévoir dans la future tour sportive une cafétéria avec terrasse au bord de l'eau ou un espace dédié à des petits événements.

Le quai est abaissé au niveau de la courbe de giration du bassin Vergote et touche le futur équipement sportif. ©doc

Dans le cas du quai des Péniches, l'abaissement ne serait pas effectué juste en face du musée Kanal mais à hauteur de l'ancienne Ferme des Boues afin d'apporter une plus-value à ce bâtiment qui doit accueillir une fonction publique à l'avenir. D'un point de vue technique, cet espace est également simple à abaisser, même s'il implique le déplacement des hangars et d'anciennes voies ferrées.

"Dans cette étude de conception, nous nous basons sur une version assortie d'une pente douce à partir du sud qui descend vers l'eau et est entourée de part et d'autre d'un escalier du côté nord. Cet espace public est ainsi accessible à tous et propose une promenade le long de l'eau et de nombreuses possibilités d'assise sur les gradins", peut-on lire dans la note au gouvernement du ministre-président Rudi Vervoort (PS) et du ministre bruxellois de l'Environnement Alain Maron (Ecolo).

L'option étudiée au quai des Péniches propose une promenade le long de l'eau et des possibilités d'assises sur les gradins. ©doc

Une fiche projet relative à l'abaissement des quais a été rédigée dans l'espoir que les études et les travaux soient pris en charge par cet accord de coopération Beliris.

Selon ces derniers, ces projets n'ont pas d'impact budgétaire à ce stade. Les frais d'études relatifs à l'abaissement et la verdurisation des quais n'impacteront qu'à la marge le coût des marchés publics de service d'architecture déjà en cours pour le parc des Armateurs. Par ailleurs, l'exécutif bruxellois négocie actuellement avec le niveau fédéral l'avenant 14 de Beliris. Une fiche projet relative à l'abaissement des quais a été rédigée dans l'espoir que les études et les travaux soient pris en charge par cet accord de coopération qui vise à financer des projets d’envergure à Bruxelles dans le cadre de son rôle de capitale.

Le résumé

  • Le gouvernement bruxellois avait lancé une étude de faisabilité de l'abaissement et de la verdurisation des quais du canal.
  • Les deux premières zones à étudier et à mettre en œuvre ont été sélectionnées: le quai des péniches et le parc des Armateurs.
  • L'exécutif régional espère que ces projets seront inclus dans l'avenant 14 de l'accord de coopération Beliris.

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