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Presque la moitié des Airbnb bruxellois tenus par des pros

©Dries Luyten

Selon une étude de la VUB, près de la moitié des logements bruxellois sur Airbnb sont proposés par des investisseurs et des professionnels et sont concentrés dans le centre touristique et le quartier européen.

La VUB s'est penchée sur le marché Airbnb à Bruxelles. Malgré la législation régionale stricte adoptée en 2016, celui-ci se porte plutôt bien. On comptait en effet pas moins de 11.427 propriétés sur la plateforme en 2019, année de référence choisie en raison de la pandémie. "En moyenne, ces logements étaient proposés pendant 159 jours par an", précise le professeur Pieter-Paul Verhaeghe.

Airbnb ne donnant pas accès aux données de sa plateforme, la VUB a acheté celles-ci à AirDNA, une société spécialisée dans le "web scraping". Et ce qu'il en ressort est intéressant. On apprend ainsi que près de la moitié des logements proposés sont tenus par des professionnels et non par des particuliers mettant en location une partie de leur propre logement.

Plus en détail cela donne ceci: environ 34% des hôtes ne proposent qu'occasionnellement une pièce de leur habitation tandis que 21% offrent leur maison entière, mais moins de 120 jours par an. Ces deux types d'hôtes sont assez répartis dans la Région avec des concentrations dans le centre, à Ixelles, Etterbeek et Saint-Gilles.

Dans l'illégalité

Environ 16% du marché est constitué d'acteurs professionnels proposant au moins trois maisons ou appartements en location de courte durée. Ce sont ces propriétés qui sont les plus concentrées dans l'Îlot Sacré et à proximité des institutions européennes. Enfin, 29% du marché est constitué d'investisseurs, à savoir des particuliers qui proposent une ou plusieurs habitations, mais pour plus de 120 jours par an.

29%
Les investisseurs, à savoir des particuliers louant un ou plusieurs biens plus de 120 jours par an, représentent 29% du marché Airbnb.

Cela signifie que seule la moitié des "hôtes" répondent à la philosophie initiale d'Airbnb, à savoir l'économie de partage, concluent les chercheurs de la VUB qui entendent désormais étudier les conséquences du business Airbnb sur l'offre et les prix de location des logements bruxellois.

En attendant, cette étude pointe déjà l'échec éventuel de la législation bruxelloise qui avait pour objectif d'assurer une concurrence loyale avec le secteur de l'hôtellerie et d'empêcher Airbnb de soustraire un trop grand nombre de logements au marché locatif classique. L'ordonnance impose un enregistrement du bien auprès de Bruxelles Économie et Emploi (BEE) dans l'une des cinq catégories prévues.

"Cet enregistrement suppose d'être en ordre de sécurité incendie et d'avoir obtenu une attestation urbanistique de la commune assurant que le bien exploité se trouve en zone touristique ou mixte au PRAS. Pour cette raison, beaucoup d'Airbnb ne sont pas enregistrés et exercent dans l'illégalité, car ils occupent des biens en zone de logement", explique le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort (PS) qui souligne l'importance des contrôles menés par BEE sur les exploitations illégales.

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