Que va devenir Forest National?

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Extension, modularité, mobilité… 18 mois après avoir repris la mythique salle de spectacles, le groupe Sportpaleis présente son plan de développement. Forest National doit faire face au Palais 12, mais également au Sportpaleis d'Anvers pourtant du même groupe.

Il y a un an et demi, le groupe Sportpaleis reprenait l’exploitation de Forest National. Ce puissant groupe flamand (27 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1,6 million de résultat net) ajoutait ainsi l’emblématique salle de concerts bruxelloise à sa panoplie (Sportpaleis et Lotto Arena d’Anvers, Ethias Arena d’Hasselt…) soit 2 millions de spectateurs par an.

Il a déjà travaillé sur la sécurité, l’accessibilité, le confort, la signalisation etc. Et cette année, l’accent est mis sur la diversité de l’offre (spectacles familiaux, sports), la vente numérotée, les nuisances sonores, etc.

Plus de places assises et moins de voitures

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En 2021, son permis d’exploitation viendra à échéance. Afin d’obtenir son renouvellement, le groupe a prévu plus de 1,8 million d’euros d’investissements (tribunes, sièges, sanitaires…) "mais nous voudrions avoir certaines assurances que cela ne sera pas en pure perte", indique la directrice de Forest National Coralie Berael. Le groupe Sportpaleis a donc entamé une véritable danse du ventre devant ses stakeholders: commune, administration, médias…

Forest National promet d’abord d’améliorer la mobilité. "Le gros point noir avec la propreté", déplore le bourgmestre forestois Marc-Jean Ghyssels (PS). Malgré la possibilité par exemple de se garer sur le parking de l’usine Audi, 3/4 des spectateurs viennent encore en voiture. Le but est d’arriver autour des 50% en 2020. Un plan que le maïeur juge "très optimiste". Au programme: actions de sensibilisation, incitation au covoiturage, partenariats avec la Stib et la SNCB, etc. Si ces objectifs de mobilité ne sont pas atteints, la capacité maximale autorisée de la salle sera réduite, assure l’exploitant.

De 2.000 à 10.000 places

Deuxième arme de séduction: la modularité. Forest National accueille en moyenne 5.000 visiteurs par spectacle. 15% affichent complet (8.400 places) et 40% entre 2.500 et 4.000 visiteurs. Après la formule Club qui permet de ramener la capacité à 5.000 places, le groupe va lancer une configuration adaptée aux spectacles de 2.000 à 3.000 personnes. "Entre des salles comme l’AB ou le Cirque Royal et le nouveau Palais 12, il manque des salles de cette capacité, argumente Jan Van Esbroeck, patron du groupe Sportpaleis. L’objectif est que la moitié du chiffre d’affaires soit généré par des spectacles attirant moins de 5.000 personnes." Cela permettrait à la fois d’améliorer la mobilité et d’augmenter le nombre d’événements: de 60 à 100 ces dernières années, les dirigeant espèrent pouvoir en accueillir jusqu’à 150.

"Nous voulons offrir toutes les configurations, car les grands spectacles, plus rentables, permettent de couvrir les frais des plus petits."
Jan Van Esbroeck
Patron du groupe Sportpaleis

Mais dans le même temps, le groupe Sportpaleis espère toujours porter la capacité à 10.000 places. Une opération possible sans changer la structure du bâtiment. La demande sera faite dans le cadre du renouvellement du permis d’exploitation: "Nous voulons offrir toutes les configurations, indique Jan Van Esbroeck, car les grands spectacles, plus rentables, permettent de couvrir les frais des plus petits."

Face au Palais 12

Le Palais 12 est une salle concurrente de Forest National, mais elle n'est pas la seule. ©Photo News

En filigrane, il y a la rivalité avec le nouveau venu, le Palais 12 et ses 18.000 places, même si le groupe martèle le contraire: "Le Palais 12 est davantage un concurrent pour le Sportpaleis d’Anvers", assure Jan Van Esbroeck. L’objectif est de ramener au bercail des artistes tentés par le Palais du Heysel. Coïncidence ou non, la saison où le Palais 12 a ouvert (en septembre 2013), Forest National n’a accueilli que 300.000 spectateurs. Loin de la moyenne de 400.000.

Et pour ça, Forest National dispose d’une autre arme: sa maison mère. Si Jan Van Esbroeck et son associé Jan Vereecke possèdent 76% du groupe Sportpaleis, celui-ci compte parmi ses actionnaires minoritaires Herman Schueremans, patron de l’antenne belge de Live Nation, le plus grand organisateur de concerts du monde, et Live Nation Pays-Bas. Cela aide évidemment pour attirer dans ses salles les plus grandes stars.

Cela n’empêche certes pas le Palais 12 d’accueillir des artistes sous contrat avec Live Nation. Toutefois, d’après nos informations, sur la trentaine de concerts déjà programmés cette année par Live Nation, à peine trois passeront par le Palais 12. "On avait la capacité d’en accueillir beaucoup plus", relève-t-on sur le plateau du Heysel. Mais on y marche évidemment sur des œufs. Pas question de froisser ce partenaire-concurrent, devenu le champion de l’intégration verticale du show-biz.

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