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analyse

Quel avenir pour Brussels Expo?

Batibouw et le Salon de l'Auto se tiendront certes en 2022, cela ne suffira pas à garantir l'avenir du parc des expositions de Bruxelles. ©Tim Dirven

Brussels Expo est dans une situation financière intenable et a besoin de 10 millions d'euros. Un conseil d'administration important se tenait ce mardi. Une restructuration est sur la table.

Le Covid a mis à terre des pans entiers de l'économie. Avec le déconfinement, certains secteurs ont pu rapidement tourner la page et reprendre des activités (quasi) normales. Ce n'est pas le cas de l'événementiel, notamment le secteur des foires et salons.

Brussels Expo, qui exploite les palais d'expositions situés sur le plateau du Heysel, fait aujourd'hui face à "une situation financière dramatique", selon le PV d'un conseil d'administration qui s'est tenu début septembre et que nous avons pu consulter. Si le Salon de l'Auto et Batibouw se tiendront bel et bien en 2022, le contexte général n'incite cependant pas à l'optimisme. En clair, c'est tout un business model qu'il faut réinventer.

10
millions d'euros
C'est le montant que Brussels Expo doit trouver en urgence pour renflouer ses caisses.

La direction de l'ASBL dépendant de la Ville de Bruxelles a fait ses comptes cet été. Il en ressort qu'il manque 10 à 12 millions d'euros pour assurer la poursuite des activités en 2021 et 2022. Sans injection d'argent frais, les activités de Brussels Expo sont purement et simplement menacées. Pour rappel, son chiffre d'affaires est passé de 50 millions d'euros à zéro au plus fort de la pandémie.

Pour tenter de faire face et assurer la viabilité de la structure, un conseil d'administration de la plus haute importance se tenait mardi. Au programme: trouver une solution rapide pour renflouer les caisses, dimensionner la réduction de la masse salariale et acter des grandes orientations stratégiques pour l'avenir.

©Tim Dirven

Bruxelles à la rescousse

Il en est ressorti plusieurs choses. Primo, 10 des 80 personnes employées par Brussels Expo seront licenciées. Des dispositifs de reconversion professionnelle seront proposés, pour rejoindre l'administration communale, par exemple. Un plan de licenciement plus lourd avait été envisagé, mais les finances sont dans un tel état qu'il aurait été compliqué de le payer.

"Les finances publiques de la Ville de Bruxelles, déjà sous contraintes, ne permettent plus d’importants nouveaux emprunts. L'arrivée d'opérateurs privés solides aurait du sens pour passer le cap des difficultés actuelles."
David Weytsman
Chef de groupe MR à la Ville de Bruxelles

La deuxième, c'est la décision de demander à la Ville de Bruxelles d'injecter les 10 millions d'euros nécessaires à la poursuite des activités. En avril, la Ville avait déjà injecté 4,5 millions d'euros dans la structure. L'opposition MR s'interroge sur la capacité financière de la Ville à renflouer une fois de plus les caisses de son bras événementiel.

"Nous demandons que cette recapitalisation soit opérée via la Région, et que celle-ci entre au CA. Nous pensons aussi que Brussels Expo pourrait être partiellement privatisée", estime David Weytsman, chef de groupe MR à la Ville. Une demande de soutien de 5 millions d'euros a été adressée à la Région.

Un parc des expositions plus petit?

Troisièmement, Brussels Expo planche sur un plan stratégique pour redéfinir son modèle économique. Ce "master plan" envisage notamment une réduction des infrastructures exploitées aujourd'hui. Le raisonnement étant que les événements de grande taille ne répondent plus à un modèle d'avenir, à cause du covid d'une part, mais aussi pour des raisons environnementales. "Faire la promotion de la voiture lors d'un Salon de l'Auto qui charrie des milliers de personnes qui entrent dans la ville en voiture, est-ce encore l'avenir?", interroge un proche du dossier. Concrètement, cela signifie qu'une partie significative des 120.000 m² actuellement exploités sur le plateau du Heysel pourraient être délaissée pour concentrer les événements (et les budgets d'entretien), sur de plus petites surfaces, tout en y intégrant éventuellement le centre de congrès initialement prévu dans le cadre du projet Neo, mais abandonné il y a un an.

Du côté du CEO de Brussels Expo, Denis Delforge, et du président du CA, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS), on restait sur la réserve ce mardi.  On confirmait cependant que ces points avaient été abordés par le CA, sans entrer dans les détails. "Notre volonté est de préserver un maximum l’outil et l’emploi raison pour laquelle le CA a rejeté l’option d’un licenciement collectif. Nous travaillons à présent sur la stratégie et l’avenir de Brussels Expo", a commenté Wafaa Hammich, porte-parole de Brussels Expo.

Le résumé

  • Brussels Expo, l'exploitant du parc des expositions de Bruxelles est dans le pétrin financièrement.
  • Un plan de restructuration prévoit la suppression de 10 emplois et une demande d'aide de 10 millions d'euros à la Ville de Bruxelles.
  • Impayable, estime l'opposition MR.

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