Qui dirigera le MR à Bruxelles?

Les militants bruxellois du Mouvement Réformateur pourront élire ce jeudi le nouveau patron de la Régionale. Ils devront choisir entre Boris Dilliès et David Leisterh.

À fonction équivalente, ce scrutin interne ne semble pas susciter le même emballement qu’au PS bruxellois lors de la succession de Laurette Onkelinx. Peut-être parce que chez les libéraux, le poste n’a pas été incarné avec la même vigueur par Didier Reynders. Les enjeux auxquels le MR fait face dans la capitale sont pourtant considérables. Pour relancer la machine libérale dans la capitale, deux candidats. 

Le bourgmestre de la commune d'Uccle, Boris Dilliès.

Allez, on commence par Boris Dilliès, 47 ans. Le bourgmestre d'Uccle n'avait pas hésité à dire tout haut ce que pensaient tout bas de nombreux libéraux bruxellois au lendemain du scrutin communal, à savoir que le MR s'était pris une sacrée branlée. Aujourd'hui, il serine toujours la même analyse: les libéraux ont surtout échoué à concrétiser le second tour, comprenez à s'entendre avec d'autres partis pour former des majorités. "Cela se prépare en amont au niveau de la région. On a été mis dehors dans des communes où l'on avait le 2e score", rappelle l'Ucclois sans omettre la nécessité d'engranger de bons résultats. "Un travail sur le long terme est nécessaire. Il faut arrêter de se dire qu'il y a des endroits où les libéraux ne peuvent pas aller."

Malgré l'absence de deux locomotives, Armand De Decker et Didier Reynders, et une liste libérale dissidente, Boris Dilliès a su conserver en 2018 l'un des deux derniers bastions libéraux à la faveur d'une alliance avec Ecolo. À ce titre, il se verrait bien dupliquer à l'échelle de la région certaines des recettes uccloises telles que le parrainage. "Quelqu'un qui débarque dans une section doit pouvoir compter sur un référent plus expérimenté, que ce soit pour faire campagne ou exercer son mandat."

"Un travail sur le long terme est nécessaire. Il faut arrêter de se dire qu'il y a des endroits où les libéraux ne peuvent pas aller."
Boris Dilliès
Bourgmestre d'Uccle

Dépeint par ses soutiens comme rassembleur, Boris Dilliès n'a pas pour autant la carte du collectif. "J'ai une équipe derrière moi mais je n'ai pas de belle-mère", lâche l'Ucclois. On suppose qu'il fait référence à l'annonce dans Le Soir de la candidature de David Leisterh réalisée en duo avec le député-bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf. Ou peut-être à son amitié avec le président du parti George-Louis Bouchez? "Je dis juste que je ne suis redevable envers personne et que je me sens donc libre de prendre des positions permettant à la Régionale de fonctionner comme elle le faisait autrefois, avec une vraie identité bruxelloise. Lors de la réunion des chapeaux à plumes chaque lundi au parti, on parle encore essentiellement de la Wallonie..."

Dénicher des talents dans les sections locales

David Leisterh lors de sa prestation de serment au parlement bruxellois en juin dernier.

Il est temps de passer à David Leisterh, 35 ans. Lui non plus ne tait pas les difficultés rencontrées ces dernières années par les libéraux dans la capitale. Mais ce sont d'abord les problèmes de Bruxelles en général que le président du CPAS de Watermael-Boitsfort évoque: 3.000 départs d'entreprises vers les autres régions l'an passé, un Bruxellois sur quatre qui naît dans la pauvreté...  "J'appréhende les réalités sociales bruxelloises depuis longtemps. Notre parti doit apporter une réponse à la précarité dans les quartiers ayant un taux de chômage élevé."

Artisan d'une alliance avec les écologistes au niveau local, David Leisterh peut se targuer d'avoir remis sur pied une section locale moribonde. Dans les autres sections affaiblies, il propose de dénicher des personnalités prometteuses, qui bénéficieront d'un soutien accru, plusieurs années déjà avant la prochaine échéance électorale. Depuis peu, cet ancien collaborateur de Didier Reynders - qui lui a d'ailleurs accordé publiquement son soutien -, décrit comme quelqu'un d'intelligent et de bosseur par ses supporters, siège aussi comme député d'opposition au parlement bruxellois. "C'est là que se font les contacts avec les représentants des autres partis, ceux et celles avec qui se joue le second tour. C'est un élément stratégique intéressant."

"Mon sentiment est qu'il y a beaucoup plus de libéraux dans l'âme à Bruxelles que ce que l'on peut croire. À nous d'être présents sur le terrain pour rappeler nos fondements philosophiques."
David Leisterh
Député bruxellois et président du CPAS de Watermael-Boitsfort

David Leisterh entend faire de la Régionale un laboratoire d'idée pour développer une vision libérale urbaine pour Bruxelles et sa périphérie. "Nous pouvons reconquérir une série de rues, de quartiers, de citoyens qu'on n'avait pas assez vus ou que l'on a déçus. Mon sentiment est qu'il y a beaucoup plus de libéraux dans l'âme à Bruxelles que ce que l'on peut croire. À nous d'être présents sur le terrain pour rappeler nos fondements philosophiques", explique la tête de proue d'une équipe composée notamment d'Alexia Bertrand, Vincent De Wolf et Françoise Schepmans. "Certes il faut un leader, mais je me présente réellement avec une équipe qui rentre dans cette logique. Ils savent qu'ils devront travailler beaucoup plus que ce que l'on fait maintenant. Ce sont cinq années intenses qui s'annoncent pour les libéraux", promet-il.

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