Ristournes sur les salles bruxelloises pour attirer les congrès

Bruxelles remboursera une partie du coût des locations de salle pour rester concurrentielle dans le secteur du tourisme d'affaires. ©Lieven Van Assche

Visit Brussels compte sur une enveloppe de deux millions d'euros pour accorder des réductions sur les locations de salles aux organisateurs d'événements.

Son nom circulait depuis le début de l'année, mais c'est seulement fin mai que Cécile Jodogne (DéFI) a officiellement été installée comme présidente de Visit Brussels, la crise sanitaire ayant retardé le renouvellement des organes de gestion. "J'avais signalé à mon parti mon intérêt pour cette mission", confie la bourgmestre faisant fonction de Schaerbeek, qui estime que son expérience en tant que secrétaire d'État au Commerce extérieure lors de la législature passée lui procure la légitimité requise.

Les défis qui attendent l'office régional du tourisme sont immenses. Avec 2 milliards d'euros dépensés par les visiteurs en 2018, ce secteur à l'origine de nombreux emplois directs et indirects a particulièrement souffert de l'arrêt des activités causé par la pandémie.

Le gouvernement bruxellois a déjà approuvé un premier paquet de mesures de soutien pour un montant de 7 millions d'euros. "Ce fonds va notamment permettre aux opérateurs de s'équiper des services sans contact et à rencontrer les normes d'hygiène attendues par le public. C'est indispensable pour l'attractivité de Bruxelles", considère Cécile Jodogne. Un label d'hygiène sera attribué aux hôtels, restaurants et attractions ayant mis en place les mesures adéquates. "Visit Brussels se chargera de la labellisation avec une entreprise de certification", précise Patrick Bontinck.

70.000
Brussels Card 48 heures
Le CEO de Visit Brussels espère vendre cet été pas moins de 70.000 pass donnant accès à une série d'attractions de la capitale.

Des pass à prix bradé

Le CEO de Visit Brussels espère aussi vendre 70.000 Brussels Card 48h durant la période estivale. Ce pass donnant accès à de nombreux musées et attractions de la capitale ainsi qu'aux transports publics sera vendu 20 euros au lieu des 36 habituels grâce aux subsides régionaux.

"Les visiteurs qui restent 48 heures dépensent en moyenne 220 euros. Donc on investit 16 euros par carte qui en rapporte 200 à l'économie. On a vraiment un effet multiplicateur", fait valoir Patrick Bontinck. Pour Cécile Jodogne, il s'agit d'un élément supplémentaire censé favoriser la décision de passer une nuitée à Bruxelles plutôt qu'une seule journée.

"On aura cet été l'une des plus belles programmations culturelles. On réceptionne des centaines d'initiatives venant de partout et les communes facilitent l'appropriation de l'espace public."
Patrick Bontinck
CEO de Visit Brussels

L'enveloppe régionale a aussi permis de financer l'opération de marketing baptisée “No Br__sels without us”. Lancée lundi dernier, cette campagne fondée sur les habitants eux-mêmes se destine uniquement aux Belges et ressortissants des pays limitrophes, à savoir les Pays-Bas, la France et l'Allemagne. "Ces pays représentaient plus de la moitié du tourisme de loisirs avant la crise. Il faut concentrer nos moyens limités sur notre coeur de cible afin de le récupérer", analyse Cécile Jodogne.

Tous annulés, les événements de masse laisseront la place à une programmation plus éclatée avec des petits concerts, du théâtre de rue, du cinéma drive-in et autres spectacles. "On aura cet été l'une des plus belles programmations culturelles", s'exclame Patrick Bontinck qui souligne l'incroyable mobilisation du secteur culturel face aux différents appels à projets. "On réceptionne des centaines d'initiatives venant de partout et toutes les communes facilitent l'appropriation de l'espace public. Tous ces projets de proximité vont renforcer la convivialité et l'esprit festif qui font déjà la réputation de Bruxelles."

Sortir des sentiers battus

En termes de relance, le duo compte énormément sur l'intervention du pouvoir public dans la location de salles pour un montant total de 2 millions d'euros qui doit encore être avalisé par la majorité de Rudi Vervoort (PS). "Certaines villes comme Barcelone font déjà cela en temps normal pour attirer les congrès. C'est un handicap concurrentiel de ne pas le faire. Le remboursement partiel du coût de la location serait accordé aux organisateurs uniquement pour les événements de minimum 200 participants avec au moins une nuitée. On veut effectivement s'assurer que l'argent octroyé aura un effet levier..."

"Il faut multiplier les pôles d'attraction en dehors du centre-ville, car cela répond à un souhait des visiteurs étrangers de sortir des chemins très fréquentés, pour être au plus proche des habitants."
Cécile Jodogne
Présidente de Visit Brussels

Selon la néo-présidente amarante, l'avenir du tourisme bruxellois passera par la décentralisation et un caractère plus durable. "Le tourisme à Bruxelles, ce n'est pas que la Grand-Place. La volonté d'élargir le circuit de découvertes s'est déjà concrétisée avec des événements tels que le festival Bright Brussels. Il faut multiplier les pôles d'attraction en dehors du centre-ville, car cela répond à un souhait des visiteurs étrangers de sortir des chemins très fréquentés, pour être au plus proche des habitants. Cela permet aussi de faire redécouvrir la capitale aux Bruxellois et aux Belges."

Et Patrick Bontinck d'ajouter que, pour la première fois cette année, les bars containers "Coucou Bruxelles" seront d'ailleurs dotés de vélos de location pour inciter les visiteurs à sortir de l'hypercentre.

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