Sans signe clair de la N-VA, Vande Lanotte arrête

Le conciliateur cherche à savoir si le parti de De Wever veut véritablement un accord. Sinon, il rendra son tablier. Il rencontre les partis flamands depuis 13h.

Le conciliateur Johan Vande Lanotte pense arrêter sa mission s'il n'y a pas de signe de progrès. Il veut poursuivre sa mission à condition que le président de la N-VA, Bart De Wever, donne des signes clairs qu'il veut un accord, rapporte Het Nieuwsblad vendredi sur base de sources proches du sp.a. Johan Vande Lanotte veut savoir si Bart De Wever veut clairement un accord de gouvernement. Si ce n'est pas le cas, il arrêtera sa mission de conciliateur.

Les socialistes flamands accusent Bart De Wer d'opter pour une stratégie de pourrissement. Bart De Wever minimiserait chaque avancée afin de créer un climat négatif. Les socialistes sont convaincus que la N-VA veut finalement dire "non". "Pas parce qu'ils veulent aller aux élections mais parce qu'ils rêvent d'un gouvernement sans N-VA pour pouvoir poursuivre les critiques".

Par ailleurs, la révision de la loi de financement des entités du pays liée au transfert de compétences ravive la discussion sur l'effort d'assainissement des finances publiques que serait appelée à faire chaque entité en vue de ramener les budgets à l'équilibre.

Vendredi, le ministre-président flamand Kris Peeters a estimé que la proposition de Johan Vande Lanotte allait obliger la Flandre à réaliser un nouvel effort de 2 milliards d'euros alors qu'elle tablait sur le retour de quelques marges en 2011. Selon Kris Peeters, Johan Vande Lanotte propose de ne transférer que 90% des moyens liés aux compétences qu'il invite à défédéraliser. Par ailleurs, critique Kris Peeters, la Flandre se retrouverait avec une série de dépenses qu'elle hériterait du fédéral; des dépenses dites "usurpées" liées à des politiques qui avaient déjà été pour l'essentiel défédéralisées (politique des grandes villes...)

Dans l'entourage de Johan Vande Lanotte, on réfute l'analyse chiffrée de Kris Peeters: la Flandre hériterait de 10 milliards d'euros de nouvelles compétences, y compris celles dites "usurpées"; le fédéral garderait 10% de ce montant, l'effort est donc d'1 milliard.

Arrivant chez Johan Vande Lanotte, Jan Jambon (N-VA) a donné raison à Kris Peeters sur le fait que la Flandre "a déjà réalisé un effort". Il faut voir à présent "ce que les autres sont prêts à faire", a-t-il dit. Il a cependant ajouté qu'il trouvait "logique" que des "économies" devaient être réalisées dans le cadre du transfert de compétences aux Régions et Communautés.

Selon Frank Vandenbroucke (sp.a), les citoyens doivent savoir que "d'importantes coupes sombres" s'annoncent et que "tous les gouvernements" devront s'y atteler. Wouter Van Besien (Groen!) n'a pas souhaité commenter les propos du ministre-président flamand. "Je ne suis pas Kris Peeters", a-t-il dit. La présidente du sp.a Caroline Gennez a jugé que les déclarations de M. Peeters n'étaient "pas raisonnables".

Reçus jeudi par Johan Vande Lanotte, les partis francophones ont souligné que les discussions risquaient d'être encore fort longues, notamment en raison de l'écueil budgétaire.

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