Scandale du Gial: "J'ai soulevé des questions à ce sujet. Peu après j'étais mis à la porte"

Karin Lalieux et Mohamed Ouriaghli , échevins PS, expliquent que la rareté des profils d'expert en développement informatique implique un coût important et que le salaire de Michel Leroy - 1000 euros par jour - correspondait à ceux pratiqués sur ce marché très compétitif. ©BELGA

L'ancien directeur-général de l'asbl GIAL en charge de l'informatique de la Ville de Bruxelles GIAL, Yves Vander Auwera, affirme avoir été remercié en 2016 après avoir posé des questions sur la légalité du contrat de consultance de l'expert Michel Leroy. Contrat qui fait actuellement scandale vu le montant de la rémunération octroyée et son établissement en dehors de tout marché public.

Un audit d'octobre 2017 réalisé à la demande de la nouvelle direction de l'asbl GIAL,  l'asbl en charge de l'informatique de la Ville de Bruxelles, pointe des problèmes de légalité dans un contrat conclu par cette dernière avec une société de consultance gérée par le directeur du développement du GIAL Michel Leroy. La société de consultance SPRL Altera Via, gérée par ce Michel Leroy, percevait 875 euros hors TVA par jour, portés à 1.000 euros par jour ces dernières années après indexation. Ce scandale a été révélé par Le Vif. Selon une convention datant de 2008, Michel Leroy tenu de prester 175 jours par an au prix de 875 euros par jour hors TVA. Le document est signé par Karine Lalieux, échevine PS en charge de l’Informatique à l’époque.

Le montant du salaire fait évidemment scandale. Pourtant, ce salaire de l'expert correspond aux prix pratiqués sur ce marché très compétitif, selon les échevins Mohamed Ouriaghli et Karine Lalieux, l'actuel et l'ancienne présidente de GIAL. Les deux échevins ont par ailleurs souligné que la rareté des profils d'expert en développement informatique impliquait un coût important. "Nous regrettons l'instrumentalisation politique et la lecture orientée de l'audit commandé par le CA de GIAL en mai 2017 pour pointer les améliorations à apporter à la gestion de l'association. Depuis la remise de ce document en octobre dernier, le CA a tenu compte des recommandations", soulignent Ouriaghli et Lalieux, dans un communiqué commun. Selon euxl, les différents conseils juridiques de l'association avaient confirmé, en 2008 et en 2012, à la suite d'une demande d'expertise de Karine Lalieux, "que le contrat de Michel Leroy n'était pas problématique au regard de la légalité".

A souligner aussi que cette consultance a été octroyée en dehors de toute procédure de marchés publics.

 "J'ai été mis à la porte après avoir posé des questions sur le contrat"

Il apparaît maintenant que l'ancien directeur général du GIAL en charge de l'informatique de la Ville de Bruxelles, Yves Vander Auwera, affirme avoir été remercié en 2016 après avoir posé des questions sur la légalité du contrat de consultance de l'expert Michel Leroy. Il s'exprime dans De Morgen.

En réalité, l'organisation à but non lucratif avait déjà été dans la ligne de mire en 2016, lorsque cet directeur général, Yves Vander Auwera, nommé dix mois plus tôt, avait été contraint de démissionner. Certains employés ont affirmé, dans une lettre ouverte anonyme, qu'il était lié à des malversations financières.

Or Vander Auwera estime qu'il a été mis à la porte quand il a découvert par inadvertance le contrat en question. "Je savais que Michel approchait des 65 ans et je voulais savoir ce qu'il en était de son départ à la pension. J'ai demandé à voir son contrat en 2016. J'ai soulevé des questions à ce sujet. Peu après j'étais mis à la porte." "Certains m'ont accusé alors dans une lettre ouverte et dans les médias d'avoir voyagé en France et aux Etats-Unis, aux frais de GIAL. Je peux démontrer que ces voyages ont eu lieu dans le cadre d'un déplacement d'étude et que l'échevin Mohamed Ouriaghli en faisait partie". Ouriaghli s'est entre-temps porté partie civile pour la Ville de Bruxelles contre  Vander Auwera. Ce dernier conteste toujours son licenciement au tribunal du travail de Bruxelles.

Selon l'ancien directeur-général, il y a un lien entre la procédure et la fin de son contrat. "Le 5 décembre 2017 nous avons présenté nos conclusions. Avec mon avocat, j'y détaille la chronologie des faits précédant mon licenciement. Nous nous exprimons de manière explicite au sujet du contrat de M. Leroy. Quelques jours après le 5 décembre, la Ville de Bruxelles a mis fin au contrat en question. Parce qu'on savait que cela ne resterait pas qu'en interne. L'audit en question date déjà du 27 octobre."

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