Taxis, Uber et limousines sur le même pied à Bruxelles

©Photo News

Annoncé il y a deux ans, le plan Taxis de Pascal Smet veut supprimer la distinction entre taxis, limousines et Uber. Des règles uniques pour tout le monde.

©Photo News

Début 2015, le ministre bruxellois de la mobilité Pascal Smet (sp.a) avait annoncé qu’il présenterait un grand "Plan Taxi", qui tracerait les contours d’un nouveau cadre juridique, à la fois pour les services de taxi traditionnels et les services alternatifs comme l’application Uber.

Deux ans plus tard, le plan semble enfin prêt. Smet veut supprimer la distinction entre les taxis classiques, les limousines et les voitures Uber, et soumettre tout le monde aux mêmes règles.

Les grandes lignes du plan Smet

  • Licence individuelle pour les chauffeurs
  • Augmentation du nombre de taxis
  • Remplacement du compteur par une application
  • Libéralisation des tarifs
  • Mise en place d'un régulateur du secteur
3.000
La région de Bruxelles compte 3.000 chauffeurs de taxis ou de limousines

D’après des sources proches du dossier, le ministre modifierait le régime de licences liées aux véhicules pour accorder des licences individuelles aux chauffeurs. Les 3.000 chauffeurs de taxis et limousines qui travaillent aujourd’hui à Bruxelles, obtiendraient donc ce sésame. Mais les chauffeurs d’Uber pourraient également obtenir une licence s’ils respectent les réglementations sociales et fiscales, et suivent avec succès une courte formation.

Parallèlement, Pascal Smet veut améliorer l’offre de taxis en portant le nombre maximum de véhicules autorisés à Bruxelles à 1.800, soit 500 de plus qu’à l’heure actuelle. Plusieurs chauffeurs, possédant chacun une licence, se partagent un même véhicule. Ce chiffre n’est sans doute pas le fruit du hasard, car il correspond au nombre de chauffeurs roulant aujourd’hui à Bruxelles pour la plateforme Uber.Les chauffeurs Uber devraient offrir leurs services – à l’instar des chauffeurs de taxi traditionnels – avec une des 1.800 voitures.

Pascal Smet veut supprimer la distinction entre taxis classiques, limousines et voitures Uber, et soumettre tout le monde aux mêmes règles.

La politique de prix du secteur devrait également subir des modifications. Le compteur numérique – introduit à la fin de l’an dernier par le gouvernement bruxellois – serait remplacé par une application enregistrant toutes les courses. Les chauffeurs seraient libres de fixer leurs tarifs dans certaines limites. Mais si un taxi prend un passager en rue ou à une station de taxi, il serait tenu d’appliquer un tarif fixe, non déterminé par le ministre, mais par un nouveau régulateur du secteur. Le secteur du taxi réclame depuis longtemps une hausse des tarifs, pour améliorer sa (faible) rentabilité.

Sujet délicat

Pour Pascal Smet, le Plan Taxi est une question délicate. Le cas Uber est sensible, dans un secteur proche de l’embrasement. Par le passé, plusieurs chauffeurs bruxellois travaillant pour Uber avaient été agressés par des chauffeurs de taxi. Ces derniers ont également bloqué la capitale pour protester contre la concurrence déloyale de la plateforme. Les premiers projets de Pascal Smet ont été rejetés par le gouvernement à cause du veto du PS, qui soutient le secteur traditionnel du taxi. La nouvelle ordonnance doit être mise à l’agenda du gouvernement bruxellois en mai prochain. Le cabinet Smet s’est refusé à tout commentaire, en indiquant qu’il souhaitait réserver la primeur de son nouveau plan au conseil consultatif du secteur des taxis.

Pour Uber, le nouveau plan ouvrirait enfin la porte à un statut légal à Bruxelles, probablement sous des conditions strictes. Dans la capitale, depuis que le tribunal de Bruxelles a interdit la très populaire application UberPOP – qui travaillait avec des chauffeurs particuliers – Uber ne propose plus que des services de limousine via les applications UberBlack et UberX.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect