Uccle et la Ville de Bruxelles s'affrontent autour du bois de la Cambre

À peu de choses près, le bois de la Cambre est fermé à la circulation depuis le confinement du mois de mars. ©Photo News

La commune d'Uccle et des intervenants volontaires se sont opposés ce lundi à la Ville de Bruxelles et à la Région autour de la fermeture du bois de la Cambre.

"Il y a urgence absolue à éviter que le dégagisme des voitures du bois de la Cambre, initié de façon unilatérale et brutale, ne devienne un fait accompli et durable", a entamé l'avocat de la commune d'Uccle, Michel Kaiser (Altea), au moment de démarrer les plaidoiries contre la Ville de Bruxelles et contre la Région de Bruxelles-Capitale. Dans la salle d'audience, on notait la présence de Boris Dilliès, le bourgmestre d'Uccle, et de Serge Litvine, l'homme d'affaires qui possède quelques-uns des plus beaux restaurants de la capitale, dont la Villa Lorraine, située en bordure du bois de la Cambre.

"Les ennuis de circulation ne sont pas compensés parce ce qu'on espérait être la mobilité douce au bois de la Cambre."
Michel Kaiser
Avocat de la commune d'Uccle

C'est à la mi-septembre que le collège communal d'Uccle a décidé d'intenter cette action visant à forcer la Ville de Bruxelles à suspendre l'ordonnance portant sur la fermeture du bois de la Cambre à la circulation des voitures. La commune demande également que la Ville et la Région soient condamnées à produire toutes les pièces ayant permis de prendre cette décision de fermeture.

Depuis le 14 septembre, la Ville de Bruxelles a lancé un test in situ afin de voir quelles seront les suites à donner à cette affaire. La deuxième phase de ce test se déroule actuellement mais, comme l'a souligné l'avocat d'Uccle, la nouvelle vague de coronavirus qui déferle actuellement sur la Belgique pourrait bien rendre obsolètes les résultats de ce test. Ce que la commune reproche avant tout à la Ville, c'est d'avoir avancé ses pions sans concertation. "Nous avons assisté à un exercice de communication unilatérale. Dès le départ, un scénario a été choisi et tout va tourner autour de ce scénario", a plaidé Michel Kaiser.

Le 12 octobre dernier, sur un laps de temps de deux heures et demie, un huissier de justice a compté le passage de trois piétons ou cyclistes par minute dans la partie du bois fermée à la circulation des voitures, faisant dire à l'avocat d'Uccle que les objectifs de la Ville de Bruxelles n'ont pas été atteints. "Les ennuis de circulation ne sont pas compensés parce ce qu'on espérait être la mobilité douce au bois de la Cambre."

Bataille de chiffres

Depuis le début de cette affaire, les deux parties se livrent à une bataille de chiffres, chacun avançant ses propres comptages, raison pour laquelle Uccle demande également la désignation d'un expert censé objectiver la situation. "Allez voir à la chaussée de Waterloo, vous constaterez qu'il y a tout le temps des embouteillages", a encore plaidé le conseil de la commune.

"La ville a posé un choix politique de trouver un nouvel équilibre entre la mobilité et la fonction récréative du bois de la Cambre."
Patricia Minsier
Avocate de la ville de Bruxelles

Les avocats Jacques Sambon (Coteaux) et Dominique Lagasse (Janson), qui représentaient les intervenants volontaires (riverains, commerçants, David Lloyd, Villa Lorraine...), ont ensuite pris la parole pour appuyer l'argumentaire de la commune d'Uccle. "Sous prétexte de la protection de l'environnement dans le bois de la Cambre, la Ville de Bruxelles sacrifie l'environnement sain des riverains des voiries adjacentes", a notamment plaidé Dominique Lagasse. Au passage, on a appris que la commune de Rhode-Saint-Genèse avait rejoint le rang des intervenants volontaires.

Un choix politique

"La Ville de Bruxelles dispose d'un pouvoir d'appréciation discrétionnaire pour gérer le bois de la Cambre", a pour sa part plaidé l'avocate de la Ville, Patricia Minsier (UGKA). Selon elle, la ville a "posé un choix politique de trouver un nouvel équilibre entre la mobilité et la fonction récréative du bois de la Cambre", martelant que la concertation avait été respectée et que tout avait toujours été fait en transparence.

Cette dernière a précisé que la Ville ne savait encore ce qu'elle ferait une fois finie la phase de test. Il apparaît, à l'écouter, que toutes les pistes sont encore sur la table. Au passage, elle a précisé que la Ville était consciente de l'impact des mesures sanitaires actuelles sur le déroulement de cette deuxième phase de test. Pour effectuer les différents comptages, la Ville s'est appuyée sur des bureaux extérieurs et, a plaidé l'avocate, la situation à mi-parcours du test n'est pas pire qu'avant, même si des points peuvent être améliorés.

"La situation n'est pas le chaos décrit par les demandeurs", a plaidé l'avocate de la Ville avant d'ajouter que "rien n'indique que la Ville est passée en force de façon arbitraire sur la base d'un dossier vide". La Ville de Bruxelles a dit qu'elle allait diffuser toutes les données de trafic sur un site internet à créer dont l'adjudicataire venait d'être désigné.

Les plaidoiries ont été clôturées par Timothy Baete (Van Olmen & Wynant), l'avocat de la Région.

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