Rédacteur en chef adjoint

Le port du masque généralisé à Bruxelles est un aveu d'échec. Une mesure radicale, et qui n'est pas sans risques.

Le gouvernement bruxellois avait prévenu, il a tenu parole : depuis ce mercredi, c’est port du masque obligatoire sur tout le territoire de la Région. Une mesure radicale, unique pour une capitale européenne, qui n’a pas manqué d’ameuter les 11 millions d’épidémiologistes en herbe que compte la Belgique.

Certes, on peut souligner quelques étranges dispositions. Comme l’autorisation de faire du sport le visage découvert dans les salles de fitness, ou cette obligation du port du masque à vélo… sauf si c’est pour faire du sport… encore faut-il le prouver (bref, si vous ne portez pas de masque, mettez au moins un maillot de cycliste). On entend aussi que la vertueuse Uccle (25 cas pour 100.000 habitants) paierait pour le récalcitrant Anderlecht (85 cas/100.000), autant que la Wallonie aurait payé fin juillet pour les méchants Anversois.

Mais au-delà de ces habituelles sautes d’humeur, le gouvernement bruxellois a pris un triple risque.

Un risque humain d’abord. Certes, on l’a bien compris, la mesure sert à marquer les esprits. Mais sa portée est telle qu’elle met davantage à l’épreuve l’adhésion des Bruxellois qu’elle ne la stimule réellement. À moins de leur imposer un État policier.

Ce mercredi nous avons franchi un nouveau seuil, deux semaines seulement après la fameuse bulle des cinq imposée par le Fédéral.

Un risque stratégique également. Si la mesure n’est pas correctement calibrée, les taux de contamination continueront à augmenter. Or les différents échos qu’on entend du terrain tendent à montrer que ces recrudescences de contaminations sont le fait de foyers isolés plus que d’une vague proprement dite, foyers qui exigent une contre-attaque fine et locale et non une mesure collective.

Ce qui nous mène au risque politique. Les mesures sanitaires s’appliquent au moment où les décisions sont prises, mais elles sont aussi une étape dans une stratégie à long terme. Nous sommes à deux semaines de la rentrée, en pleins retours de vacances, avec les aléas sanitaires que cela suppose. Que fera alors le gouvernement bruxellois, le cas échéant, lui qui vient de prendre une décision d’une telle ampleur ?

Mais pour l'heure, retenons déjà ceci: toute mesure sanitaire coercitive est un aveu d’échec. Ce mercredi nous avons franchi un nouveau seuil, deux semaines seulement après la fameuse bulle des cinq imposée par le Fédéral.

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