Un million d'euros pour booster les chercheurs d'emploi qui créent leur job

Actiris a sélectionné six partenaires, spécialisés dans le coaching des nouveaux entrepreneurs ©BELGA

De plus en plus de demandeurs d'emploi envisagent l'entrepreneuriat comme une solution dans leur quête d'un job. En Région bruxelloise, le budget destiné à les soutenir pour les cinq prochaines années a doublé.

Lancer son entreprise à 58 ans, ce n'est pas commun, mais c'est possible. Véronique Burgraeve en est la preuve. Depuis novembre 2018, cette demandeuse d'emploi bénéficie d'un accompagnement de Job Yourself, un partenaire d'Actiris, dans son projet d'ouverture d'une chocolaterie à Bruxelles. Élaboration d'un business plan, appui logistique, recherche de prêts, formations et suivi individuel font partie des aides dont elle profite.

"Mon coach m'a souvent invitée au questionnement."
Véronique Burgraeve
Chercheuse d'emploi qui se lance dans l'entreprenariat

Intarissable sur le cacaoyer et ses vertus, Véronique espère rendre sa petite structure pérenne une fois que son coaching s'achèvera en avril. Le défi est de taille pour la dynamique quinquagénaire. Jusqu'à présent, elle a en effet pu facturer en utilisant le numéro d'entreprise de la coopérative Job Yourself, mais aussi conserver ses allocations de chômage, "un véritable filet de sécurité". 

Même si elle le juge "trop court", l'entrepreneuse en devenir vante les mérites des 18 mois du programme d'accompagnement. "Cela m'a permis de confronter mes idées à la réalité du terrain. Mon coach m'a souvent invitée au questionnement et permis de prendre du recul", explique-t-elle. 

Bien que la rentabilité de "La Minuscule" soit pour l'instant limitée, Véronique reste positive et travaille sans relâche, dans son atelier et sur les marchés, pour transformer l'essai en succès.

Budget doublé

1.050.000
euros
La Région bruxelloise a doublé les moyens consacrés aux programmes d'accompagnement des chercheurs d'emploi qui se lancent dans l'entreprenariat.

Chez Actiris, on observe que l'entrepreneuriat comme solution dans une recherche d'emploi est une formule de plus en plus populaire. Depuis 2003, l'office régional met en place des programmes pour accompagner ceux qui se lancent sur cette voie. Bonne nouvelle: le budget octroyé pour les financer s'élèvera à 1.050.000 euros pour les cinq prochaines années, soit le double des moyens qui y étaient consacrés précédemment. 

En moyenne, 1.000 chercheurs d'emploi sont suivis chaque année par Actiris et ses six partenaires. D'après une évaluation, près de 60% de ceux qui prennent part à un tel programme "trouvent une issue positive". "Tous les chercheurs d'emploi ne poursuivent pas leurs activités d'indépendants. La plupart retrouvent un travail de salariés et certains combinent parfois les deux. Mais ce qui est intéressant à retenir, c'est l'expérience qu'ils en tirent", commente le directeur général d'Actiris Grégor Chapelle.

"Ce qui est intéressant à retenir, c'est l'expérience qu'ils en tirent."
Grégor Chapelle
Directeur général d'Actiris

Dans son atelier jettois, Veronique Burgraeve espère en tout cas produire encore longtemps ses chocolats, orangettes et citrons confits au cacao péruvien. Pour réussir, elle sait qu'elle devra multiplier sa rentabilité par trois, mais cet objectif ne semble pas l'impressionner. Solliciter d'autres aides une fois qu'elle aura un numéro d'entreprise, mais aussi trouver des niches où développer son activité figurent parmi ses projets. 

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