Un nouveau projet de stade national est sur la table

©Faculté d'architecture La Cambre-Horta (ULB)

Ce jeudi, architecte, bourgmestre de Bruxelles et propriétaire du terrain visé par le projet inédit de nouveau stade construit au Heysel se rencontrent à l’hôtel de Ville de Bruxelles. Les astres semblent prêts à s’aligner. Reste la question essentielle du financement du projet.

Soyons bon joueur dès la mise en jeu. On est encore loin de voir les Diables Rouges fouler la pelouse, avec ou sans piste d’athlétisme. Et l'absence interminable de gouvernement fédéral de plein exercice est encore venue prolonger la gestation du bébé discrètement porté par ses géniteurs publics et privés depuis plus de six mois déjà.

Mais la proposition, brièvement évoquée mardi sur le plateau de LN24 par l’architecte Francis Metzger, fait sens à plus d’un titre. Techniquement du moins, car financièrement rien n’est encore abouti pour débusquer les centaines de millions nécessaires. Une enveloppe qu’il faudra budgéter rapidement, entre tous les acteurs autour de la table ce jeudi encore, si on veut voir ce nouveau stade construit dans un délai que l’architecte qui a lancé le pavé au milieu du terrain promet très court pour un pareil ouvrage: environ un an.

Un nouveau projet pour le stade national

Un projet d’école

Reprenons depuis le commencement. Francis Metzger nous l’assure, c’est de sa propre initiative et non poussé dans le dos par une éminence grise publique ou privée qu’il a mis le projet sur sa planche à dessin. Plus exactement sur son bureau de professeur de la Faculté d’architecture La Cambre-Horta (ULB), où le futur stade du Heysel est devenu voici plusieurs mois un projet pratique soumis à un groupe d’étudiants en Master. Des étudiants qui, selon le professeur-doyen, se prennent au jeu et font un boulot remarquable "en matière de contextualisation et de faisabilité, dans le strict respect des lieux et des normes imposées par l’UEFA".

Pour Francis Metzger, "ce sont les accidents de l’histoire qui ont provoqué l’élaboration de projets plus farfelus les uns que les autres sur le Heysel et ailleurs, jusqu'à Tubize. Le temps a heureusement démontré qu’ils ne tenaient pas debout, pour de multiples raisons. Ici, nous repartons sur des fondations solides, qui font sens pour toutes les parties prenantes au projet, que nous avons bien sûr rencontrées comme s’il s’agissait d’un exercice réel". Un exercice qui prend peu à peu une forme si réaliste qu’elle fait sens pour presque tout le monde.

©Faculté d'architecture La Cambre-Horta (ULB)

On s'explique. Le stade imaginé par Francis Metzger et ses étudiants prendrait place sur le site de l’actuel Trade Mart, propriété du texan Crow Holding et d’AG Real Estate (50/50). Ou presque: c’est la Ville de Bruxelles qui reste propriétaire du tréfonds (terrain), mais qui l’a cédé en 1973 sous emphytéose pour 90 ans à Crow Holding, qui y a construit les 141.000 m2 (occupés au 2/3 seulement) du Trade Mart avant de céder la moitié des actions à AG Real Estate en 2009. Aujourd’hui âgé de 45 ans, il aurait lui aussi besoin d’un sérieux lifting, tout comme le vieux stade Roi Baudouin. Il nous revient notamment que l’architecte Philippe Samyn y plancherait sur un projet de salles de sport d’un type nouveau.

On rase tout

©Faculté d'architecture La Cambre-Horta (ULB)

Dans les plans de Francis Metzger et de ses étudiants, on place le nouveau stade en porte-à-faux par rapport au Trade Mart actuel. On peut donc faire table rase et du vieux stade et de l'affectation actuelle du Trade Mart (centre commercial pour grossistes), qu’on réaffecte en partie à d’autres fonctions connexes au nouveau stade comme, par exemple, une clinique des sports.

150 à 300
millions d'euros
Le budget de construction du nouveau stade pouvant accueillir 40.000 personnes oscillerait entre 150 et 300 millions, selon les finitions, dont la toiture rétractable.

Dans l’équation chiffrée par les concepteurs, le budget de construction d’un nouveau stade aux standards actuels – sans piste d'athlétisme – pouvant accueillir 40.000 personnes oscillerait entre 150 et 300 millions, selon les finitions choisies, dont une toiture rétractable. "Pour l’instant, notre modèle, c’est le stade de Feijenoord, conçu par mes amis de chez OMA, avec lesquels je travaille régulièrement. Mais celui de Lille a inspiré également les étudiants. Nous pensons qu’il faut vraiment budgéter un équipement complet et le plus flexible possible pour accueillir dans l’anneau un maximum d’événements qui puissent le rendre rentable", pose Francis Metzger. Un avis que partagera sans doute le futur propriétaire public de l'anneau.

©Faculté d'architecture La Cambre-Horta (ULB)

Avanti!

Reste dès lors le nerf de la guerre: celui du financement. La revente du foncier dégagé par la destruction de l’actuel stade Roi Baudouin pourrait rapporter quelques dizaines de millions d’euros. Idem pour l’actuel Trade Mart, en partie réaffecté à d’autres fonctions. Un scénario envisage d’ailleurs de le délocaliser sur l’actuel Parking C, loin des abords de l’Atomium. Mais ni la Ville de Bruxelles ni AG Real Estate ne peuvent fournir le gros de l’effort financier. Tous les regards, qu’on espère enfin alignés lors des rendez-vous programmés ce jeudi, se tournent donc vers le Fédéral, et plus précisément Beliris. Avec le souhait que le financement du nouveau stade figure dans l’accord fondant le nouveau gouvernement.

Dans le meilleur des cas, restera alors une dernière question épineuse à résoudre: celle de la pertinence du futur Centre de Congrès (NEO2), dont le marché de construction et de gestion a été attribué par la SCRL NEO (Ville et Région) à un consortium privé (Cofinimmo/CFE) en 2018 et mis au frigo depuis janvier dernier pour un an (au moins). La concrétisation du projet de stade sur le site du Trade Mart pourrait bien sonner définitivement le glas de NEO2.

©Faculté d'architecture La Cambre-Horta (ULB)

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