Une Bruxelloise sur deux victime de violence

©Hans Lucas

Une étude de l’UGent confirme l’ampleur de la violence subie par les femmes. Plus de 85% des Bruxelloises ont déjà vécu de l’intimidation sexuelle. Un quart de 450 femmes interviewées déclarent avoir été victimes de violence conjugale.

Ce mercredi, l’UGent doit dévoiler les résultats de plusieurs mois d’étude consacrés à la violence subie par les femmes bruxelloises. 450 femmes ont participé à cette enquête menée en tête à tête dans 20 quartiers de la capitale. Le panel – dont 40% présentent des origines étrangères – constitué est caractérisé par un haut degré de représentativité, promet le cabinet de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État bruxelloise en charge de l’Égalité des chances. La moyenne d’âge du panel est de 37 ans, ce qui correspond à peu près à la moyenne d’âge régionale, ajoute-t-il. L’Echo a eu accès à certains des résultats de l’équipe scientifique gantoise, mandatée par le gouvernement bruxellois pour objectiver des difficultés largement ressenties dans la population féminine.

13,9%

des Bruxelloises déclarent avoir subi des violences sexuelles hors couple.

33%

des meurtres de femmes sont commis par leur conjoint ou ex-conjoint.

288 millions

C'est le coût de la baisse de compétitivité liée à la violence conjugale.

Les chiffres obtenus font froid dans le dos et tendent à confirmer le climat de violence révélé par les récents scandales sexuels et les campagnes virales (#balancetonporc et #metoo) qui s’en sont suivies. 49% des femmes interrogées par l’UGent déclarent avoir déjà été victimes de violence physique infligée par des personnes qui n’étaient pas leur partenaire. 16% de ces femmes ont ensuite pris un jour de congé pour se remettre de l’épisode violent. 13,9% déclarent avoir subi des violences sexuelles hors de leur couple.

Insomnie et angoisse

Mardi, Bianca Debaets présentait en collaboration (avec l’association du même nom) l’application "Touche pas à ma pote", la première au niveau belge destinée au signalement de l’intimidation sexuelle en rue. Se basant sur l’étude de l’UGent, la secrétaire d’État annonce que 86% des Bruxelloises en ont été victime au moins une fois. "34% d’entre elles en souffrent encore aujourd’hui, 22% ne racontent à personne les événements les plus graves et 3,6% ont porté plainte", dénonce Bianca Debaets.

L’ampleur des phénomènes de violence conjugale est également très préoccupante. Une Bruxelloise sur quatre affirme avoir subi de la violence physique de la part de son conjoint ou son ex-conjoint. 40% de ces victimes déclarent toujours y être confrontées. Et elles sont seulement 13% à dénoncer les faits. 11% des 450 femmes interrogées affirment avoir déjà subi des violences sexuelles de la part de leur partenaire. Parmi les conséquences psychosociales de cette violence évoquées par le panel, on trouve le fait de se sentir vulnérable, des problèmes relationnels, une perte de confiance en soi, des insomnies et de l’angoisse. Si un meurtre sur 7 est commis par le conjoint ou l’ex-conjoint de la victime, cette proportion passe à un sur trois lorsque la victime est une femme.

Selon les auteurs de l’étude, la violence conjugale a un impact sociétal plus important que l’hypertension, le tabac ou l’obésité. Baisse de productivité, chômage, coûts médicaux, plusieurs études ont déjà tenté de quantifier les coûts sociétaux de la violence faite aux femmes. Le SPF Emploi a par exemple chiffré à 288 millions la baisse de compétitivité liée aux absences et au stress causés par la violence conjugale. La violence particulière subie par les femmes pourrait être une des causes de leur absence au travail pour maladie. Cette dernière correspondait, en 2015, à 5,9% du temps de travail des hommes contre 8,6% chez les femmes.

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