Une prime de 5.000 euros si vous engagez un jeune Bruxellois

©BELGA

Didier Gosuin pousse le secteur privé à s’engager dans la formation des jeunes et lui propose des incitants.

Sur les 90.000 demandeurs d’emploi bruxellois, 70.000 n’ont pas le diplôme d’enseignement secondaire (CESS). "C’est ça le cœur de notre problème, la source de notre chômage structurel. Tant qu’il n’y aura pas une réforme en profondeur de l’enseignement technique, nous devrons trouver nous-mêmes des solutions", déclare Didier Gosuin (DéFI), le ministre de la Formation professionnelle. Il fait part de ses idées et présente le Plan Formation 2020, actuellement en discussion auprès des partenaires sociaux.

"En début de législature, nous avions fixé l’objectif d’atteindre 20.000 formations par an pour les demandeurs d’emploi. Puisqu’une même personne peut suivre plusieurs formations, cela représente près de 17.000 demandeurs d’emploi. Cocorico: nous avons déjà atteint cet objectif. Nous allons donc le revoir à la hausse en y ajoutant 3.000 bénéficiaires supplémentaires par an", indique-t-il.

Et de poursuivre: "Nous souhaitons aussi améliorer l’offre d’un point de vue qualitatif avec un meilleur pilotage. Pour ce faire, nous allons impliquer tous les acteurs publics, mais aussi tous les acteurs privés de façon à ce que la formation devienne un objectif commun". Pour pousser les entreprises à s’impliquer dans la formation, le ministre de l’Économie leur propose des incitants:

- Un bonus-formation correspondant à 5.000 euros pour l’employeur qui propose une formation à un jeune de moins de 30 ans n’ayant pas son CESS et qui est engagé pour un contrat à durée indéterminée.
- L’entreprise peut également utiliser les congés-éducation qui existent déjà.

"Donc, sur la période, en cumulant les deux, l’entreprise qui investit dans la formation de ses jeunes travailleurs peut obtenir jusqu’à 7.700 euros."

Prime au tutorat

"Dans certains cas, l’entreprise pourra obtenir jusqu’à 24.000 euros d’aide."
Didier Gosuin
ministre de la formation professionnelle

Si l’entreprise met en place un programme de tutorat en faveur des jeunes travailleurs, elle peut également obtenir une prime de 1.000 euros par an à destination du tuteur. "Si on ajoute encore les réductions de cotisations patronales qui ont été précédemment annoncées, dans certains cas, pour la première année, pour un jeune qui n’a pas son CESS, l’entreprise peut obtenir jusqu’à 24.000 euros d’aide", calcule-t-il.

Le monde de l’entreprise émet régulièrement la critique que l’offre de formation proposée par les pouvoirs publics ne correspond pas à leurs besoins. "Il est vrai que tout n’est pas parfait, admet Didier Gosuin. Il a fallu des années pour changer le regard envers la politique de l’emploi. Tout un travail a été mené pour améliorer le fonctionnement d’Actiris. Le travail doit être similaire pour Bruxelles-Formation et ses partenaires. Mais si je ne peux pas demander aux entreprises de chercher des emplois pour les demandeurs d’emploi, la formation, elle, n’est pas qu’une affaire des partenaires publics. On est tous dans le même bateau. Les partenaires privés doivent aussi prendre leur part de responsabilités. Je ne leur demande pas de prendre en charge les coûts de la formation mais de travailler avec nous afin d’améliorer la formation des jeunes."

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés