Victime des délais administratifs, la maison Bruegel n'ouvrira pas en 2019

©Collectie Kunsthistorisches Museum, Wenen

Censée ouvrir ses portes pour les 450 ans de la mort de Bruegel, la maison marolienne du peintre voit sa rénovation momentanément abandonnée. En cause: un imbroglio administratif entre les Musées royaux et le Fédéral.

C'est une vieille bâtisse en brique. Son pignon à gradin domine la rue Haute. Vieille de plusieurs centaines d'années, elle ne brille pas de son éclat. Et pourtant, il y a quatre siècles, elle accueilllait l'un des plus grands peintres flamands de son époque: Pieter Brueghel l'Ancien. L'artiste brabançon s'y est marié, y a peint certaines de ses plus grandes oeuvres - à l'instar de ses Chasseurs dans la neige - et y est mort, en 1569. L'année prochaine, Bruxelles célèbrera les 450 ans de sa mort. Mais sa maison restera close au public. Encore un joyau des Marolles qui continuera de se dégrader.

2,7
millions
2,7 millions d'euros avaient été mis de côté pour la rénovation: 1,1 million des Musées royaux et 1,6 de Toerism Vlaanderen.

Les Musées royaux avaient pourtant prévu de rénover le bâtiment pour l'année Bruegel. Ils avaient même réservé 1,1 million d'euro pour le chantier, soit un cinquième de sa réserve. L'enveloppe devait être complétée par Toerism Vlaanderen. L'office de tourisme flamand apporterait 1,6 million d'euros. Une opération sans risque vu la renommée de l'artiste et le programme monumental organisé pour l'anniversaire de sa mort. C'était sans compter la tradition belge de l'imbroglio administratif.

Un projet d'une telle envergure doit passer devant l'inspection des finances et recevoir l'aval du ministre du Budget. En mai 2018, trois membres des Musées royaux obtiennent rendez-vous auprès de Sophie Wilmès. Sont aussi présents Zuhal Demir, responsable de la Politique scientifique, Jan Jambon, qui gère la Régie des bâtiments, et Ben Weyts de Toerism Vlaanderen.

Tout ce beau monde pour convenir que les délais impartis sont trop courts, car il faut encore passer devant le conseil des ministres fédéral. Et puis, on n'utilise pas les réserves financières des Musées aussi facilement. “Nous avons fait savoir à la secrétaire d’État de tutelle, Zuhal Demir, que ce n’était pas une piste de solution souhaitable car cela contrevenait aux objectifs budgétaires fixés en ce qui concerne les organismes fédéraux”, explique le cabinet de Sophie Wilmès au Soir.

Les règles européennes obligent notamment que de telles dépenses soient remboursées dans l'année, là où les Musées royaux tablaient sur des rentrées échelonnées sur plusieurs années.

Le ministère du Budget a bien suggéré aux Musées de "présenter une solution alternative", mais le mal était fait. Les subsides de Toerism Vlaanderen sont partis vers d'autres projets dédiés à Bruegel. Un livre consacré aux Scènes d'hiver de Bruegel est sous presse. Des expériences virtuelles immersives sont en préparation dans les locaux du Google Cultural Institute.

Et de très nombreuses manifestations sont prévues en Flandre, notamment à Anvers. Mais à Bruxelles, les portes de la maison Bruegel resteront closes. Au ministère du Budget, on précise cependant qu'une nouvelle enveloppe de 44 milliards vient d'être dégagée. "Rien n’interdit l’utilisation d’une partie de cette enveloppe pour soutenir le projet." Le Fédéral finira donc par payer l'addition à la place de l'office de tourisme flamand.

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