interview

Vincent De Wolf: "Maingain a déjà un accord avec le PS"

©Dieter Telemans

Fidèle à lui-même, Vincent De Wolf a faim de pouvoir. "Je veux faire bouger les choses à Bruxelles", assène le chef de groupe MR au Parlement bruxellois.

Dans l’opposition depuis 2004, son parti se montre particulièrement dur avec la politique du gouvernement régional du socialiste Rudi Vervoort et attend visiblement Didier Reynders comme le messie dans la capitale. Le PS est dans le viseur. Ainsi qu’Ecolo et son projet de Grand Soir institutionnel. Vincent de Wolf prône une réflexion multipartite à tête reposée.

Pour créer des districts à l’anversoise, comme Didier Reynders l’a évoqué?
Je n’ai pas de tabou mais je suis dans ma commune depuis 25 ans. Je sais comment cela fonctionne. Avant de casser un système, il faut prendre le temps de réfléchir à ce qui va et ce qui ne va pas. Et démontrer en quoi cela irait mieux.

Didier Reynders dit cela pour faire plaisir à la N-VA?
Je n’ai pas d’interprétation par rapport à cela. Pour moi, il faut garder un pouvoir communal réel, proche du citoyen. Mais on peut changer les frontières, il y a des aberrations. Et par rapport à la N-VA, je suis en phase avec Didier.

©Dieter Telemans

Vous avez changé d’avis par rapport à la N-VA?
En 2014, j’ai inventé le mot bruxellicide. Pourquoi? On avait vu les sorties de la N-VA sur la cogestion de Bruxelles, et cela, c’est non. Je suis pour l’autonomie de Bruxelles. J’ai donc dit que je ne travaillerais pas avec ces gens. Par la suite, le gouvernement fédéral s’est formé en mettant le communautaire au frigo.

Les facilités remises en question, comme les structures de Bruxelles, ce n’est pas du communautaire?
On est devant les élections. Chaque parti peut faire de la musculation mais après les élections, on doit faire un contrat entre partenaires. Si la N-VA laisse l’institutionnel caricatural de côté, pourquoi pas? Ce sont des gens compétents, ce serait utile d’avoir des gens comme eux, avec lesquels on pourrait négocier des accords de coopération.

Que dites-vous aux électeurs francophones qui seraient tentés de voter N-VA?
Quand on est francophone on vote francophone et que Bruxelles est une ville essentiellement francophone.

Alain Destexhe veut créer un mouvement conservateur au MR. Qu’en dites-vous?
Il est cohérent avec les thèses qu’il a toujours défendues et qui ne sont pas les miennes. Je suis un libéral social. Le MR est un grand mouvement il est logique qu’il y ait des tendances.

©Dieter Telemans

Laurette Onkelinx estime que la plus-value du MR à Bruxelles, c’est zéro.
J’ai vécu les scandales de Charleroi. Mandaté par le boulevard de l’Empereur, Rudi Vervoort était alors venu avec une ordonnance sur la gouvernance pour rattraper la sauce. C’est exactement ce que fait Madame Onkelinx aujourd’hui. C’est de la politique de bas étage.

Le PS a exclu des personnes impliquées dans des scandales, pas le MR.
Et que dit Madame Onkelinx par rapport aux nominations politiques? Il y a un système, une pieuvre. A la fondation Kanal, on retrouve trois chefs de cabinet, comme par hasard. On met 175 millions dans ce musée, c’est trois fois plus que pour la formation de jeunes, je l’ai dit à Gosuin: ton chef de cabinet se prend la part du lion. Comment osent-ils?

En 2014, vous aviez dit accepter d’être ministre de Rudi Vervoort. Le rediriez-vous ou le PS, ça suffit?
Il y a des gens bien partout et il en reste au PS. Par contre, il serait sain que les socialistes passent un tour. La plupart des scandales viennent de chez eux. Les problèmes Ville-Région, c’est chez eux. Les ASBL, c’est chez eux, les nominations politiques, c’est une vraie caricature.

Vous serez tête de liste en 2019?
Je n’en sais rien mais je n’ai jamais autant travaillé pour la Région. Je me sens plus compétent que par le passé. J’ai tous les ingrédients pour faire la soupe. J’ai l’expérience et si on veut me mettre en responsabilité, je ne dis naturellement pas non. Et oui, Didier Reynders ferait un bon ministre-président. Je n’ai aucun problème avec cela.

©Dieter Telemans

En 2014, le MR avait souffert de cette double candidature à la ministre-présidence. La vôtre et celle, plus évanescente, de Didier Reynders.
Le MR doit avoir un seul candidat ministre-président. Si Didier doit l’être, je ne le serai pas. Etre dans une équipe ministérielle dirigée par lui ce serait avec plaisir. Qu’a fait le gouvernement actuel au niveau international? Avec Didier, on pourrait faire venir des entreprises, valoriser l’économie. À l’international, les contacts de Vervoort, c’est nul. Didier le ferait mieux que moi et il y a des choses que je peux faire mieux que lui . On ferait une belle équipe.

Quand doit-il dire ses intentions?
C’est à lui qu’il faut le demander.

Pour retrouver le pouvoir, il risque de vous falloir vous réconcilier avec DéFI et Olivier Maingain?
Je le connais très bien et on se respecte. J’ai l’impression que c’est plus DéFI qui a un problème avec le MR que l’inverse. Maingain est arrivé avec son baxter cet été pour sauver le PS après l’appel du cdH. Non pas pour la bonne gouvernance, mais pour sauvegarder les intérêts de DéFI, ce qui était son boulot de président. Il l’a fait par des alliances au niveau local et au niveau régional avec un accord avec les socialistes. C’est ma conviction.

Je n’en ai pas la preuve mais j’en suis certain. Il faudra retourner cela. Quant à la gouvernance, c’est le bal des hypocrites sur le décumul. Le PS est soudainement là pour sauver sa tête. Six parlementaires DéFI sur 12 sont en cumul au Parlement bruxellois, deux sur deux à la Chambre. Maingain dit qu’il ne sera que bourgmestre… est-ce qu’il renonce a ses 48 mois d’indemnité de sortie? Il va toucher 48 mois sans travailler? Le remet-il seulement en cause?

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