2018, année record pour les investissements étrangers en Belgique

Alibaba a réalisé d'importants investissements à Liège. ©Photo News

La Belgique fait mieux que ses voisins. Bruxelles revient au premier plan, tandis que la Wallonie a su attirer d’importants investissements chinois. Le Brexit semble, pour l’heure, jouer en faveur des investissements dans notre pays.

Le nombre d’investissements a augmenté de 30% l’an dernier par rapport à 2017, qui était pourtant déjà une année record. C’est ce que montre le nouveau baromètre de l’attractivité de la Belgique réalisé par les consultants de EY.

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51 des 278 projets recensés par EY en 2018 sont le fait d'investisseurs américains qui sont champions en la matière dans notre royaume.

En 2018, notre pays a attiré 278 projets d’investissement, ce qui a permis la création de 7.363 emplois. Etrange paradoxe: avec ce résultat, la Belgique fait mieux que ses voisins (l’Allemagne fait -13%), mais elle reste pourtant perçue comme un pays peu attractif pour s’y établir professionnellement. Cette perception a même reculé à un des niveau les plus bas jamais mesurés par EY. En cause, une mobilité pour le moins problématique et une pression fiscale dissuasive pour certains.

Investisseurs américains en tête

Le Google Data Center de Saint-Ghislain. ©Photo News

Les Américains restent les premiers investisseurs étrangers en Belgique. Ils ont assuré 51 des 278 projets recensés. C’est 28% de plus qu’en 2017. Suivent la France (44 projets) et les Pays-Bas (32).

Les secteurs les plus prisés par les investisseurs sont les services, le transport et la logistique, l’agro-alimentaire, le numérique et la fabrication de moyens de transport. On notera aussi les 19 nouveaux quartiers généraux qui se sont établis en Belgique en 2018 (4 seulement en 2017). C’est le meilleur chiffre depuis 2007, à la grande époque des intérêts notionnels.

Brexit, pas de panique

Faut-il voir dans la forte progression des investissements étrangers un effet du Brexit? Plus de la moitié (58%) des managers interrogés par EY considère que le Brexit aura un impact positif sur l’attractivité de la Belgique (ils n’étaient que 41% un an auparavant). Le Brexit apparaît ainsi à la fois comme une source d’inquiétude et un gisement d’opportunités nouvelles.

Le retour de Bruxelles

Un autre enseignement nouveau a trait à la perception de Bruxelles, désormais vue comme un lieu attractif par 39% des sondés (contre 29% un an auparavant). Le principal atout de la capitale réside dans son interconnexion au niveau des infrastructures de transport.

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19 nouveaux quartiers généraux se sont établis en Belgique en 2018. En 2017, on n'en avait dénombrés que 4.

La Flandre, elle, régresse de 51% à 40% d’opinions favorables, même si elle reste appréciée pour son climat social stable et la présence de personnel qualifié.

La Wallonie, enfin, récolte 12% d’opinions favorable (10% en 2017). Les espaces disponibles sont son principal atout. Par contre, les faibles connaissance linguistiques continuent de poser problème.

Les Chinois arrivent en Wallonie 

©REUTERS

Avec 169 projets, la Flandre récolte la moitié des investissements étrangers. Ces projets représentent 5.366 emplois. A Bruxelles, on enregistre certes 69 projets nouveaux, mais ils ne pèsent que 107 emplois. En Wallonie, on est à 48 projets et 1.890 emplois nouveaux. Des chiffres en nette progression sur un an.

Si on analyse le nombre d’emplois par projet, c’est la Wallonie qui attire les projets les plus intensifs en main d’œuvre. D’après EY, c’est principalement dû aux importants investissements chinois en Wallonie.

Les défis mobilité et fiscalité

Au-delà de ce beau bulletin, la Belgique devra veiller à résoudre ses problèmes de mobilité et sa fiscalité jugée peu concurrentielle. La vaste majorité des entreprises étrangères déjà établies chez nous (64%) jugent que les embouteillages et l’état de l’infrastructure routière ont un impact négatif sur leur politique d’investissement. Quant à la fiscalité, elle vient d’être diminuée au niveau des bénéfices des entreprises. Le taux est passé de 33% à 25%. Mais comme les autres pays européens continuent de réduire leur fiscalité, la Belgique devra suivre le mouvement, prévient-on chez EY.

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