23.000 faillites en Belgique d’ici fin 2021, selon Euler Hermes

Euler Hermes prévoit une économie qui fonctionne sur le mode stop & go jusqu'en 2022. ©Peter Hilz

Quelques 76.000 emplois en Belgique sont menacés. Outre la pandémie, les risques politiques (Brexit, élections américaines, etc.) reviennent en force.

La vague de faillites que l’on annonce devrait toucher 11.490 entreprises en Belgique cette année et 11.680 l'an prochain, soit plus de 23.000 d’ici fin 2021, selon les dernières estimations d’Euler Hermes (groupe Allianz), un des leaders mondiaux de l’assurance-crédit. Ce chiffre représente une augmentation de 10% fin 2021 par rapport à la situation pré-Covid en 2019. Au passage, 76.000 emplois sont directement menacés.

300.000
emplois
Environ 300.000 emplois en Belgique seraient menacés par la hausse des faillites.

Jusqu’ici, les ajustements temporaires apportés aux réglementations d’insolvabilité dans différents pays, ainsi que les mesures de soutien à l’économie avaient permis de limiter l’impact sur les faillites. Mais à partir de cet automne, c’est à un renversement de tendance que l’on risque d’assister.

"La crise du Covid-19 se transforme en une véritable crise de liquidités pour les entreprises, bien pire encore que la situation que nous avons connue lors de la crise financière de 2008", prévient Ed Goos, CEO d’Euler Hermes BeLux. "Les clients feront de plus en plus souvent appel à leurs fournisseurs pour allonger les délais de paiement. Les risques pour les fournisseurs vont augmenter à des niveaux qu'ils ne seront plus en mesure de supporter."

"La crise du Covid-19 se transforme en une véritable crise de liquidités pour les entreprises."
Ed Goos
CEO d'Euler Hermes BeLux

Brexit et élections américaines

Mais il n’y a pas que le Covid-19 qui plombe l’économie belge. Euler Hermes a identifié plusieurs risques politiques au plan international qui viendront peser sur les échanges commerciaux.

Selon les économistes d’Euler Hermes, les chances d'un Brexit sans accord (no-deal Brexit) sont remontées à 45% compte tenu de l’enlisement des négociations avec l’Union européenne.

Aux États-Unis, si la probabilité d’une victoire du candidat démocrate Jo Biden le 3 novembre est estimée à 70%, le scrutin risque fort d’être contesté par le camp républicain.

Autres éléments à tenir à l’œil: la guerre technologique entre les États-Unis et la Chine, les tensions en Méditerranée orientale, ainsi que le différend entre les États-Unis et la Russie.

En mode stop & go

Le résultat de cette instabilité sanitaire et politique, c’est une économie mondiale qui fonctionne en mode "stop & go" jusque fin 2022. Ainsi, après un rebond post-confinement au deuxième trimestre de 2020, la reprise du commerce au niveau global va se ralentir jusqu’à mi-2021 au moins, selon Euler Hermes.

Pour 2020, l’assureur-crédit prévoit une contraction de 4,7% de l’économie mondiale. Les États-Unis (-5,3%) et la zone euro (-7,9%) sont particulièrement touchés.

-13
%
Le commerce mondial devrait se contracter de 13% cette année, selon Euler Hermes.

Le commerce mondial de biens et de services devrait connaître une contraction inédite de 13% en 2020, ce qui représente des pertes commerciales de 4.000 milliards de dollars. Le nombre de faillites dans le monde devrait augmenter de 31% d’ici fin 2021.

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