262.000 emplois se profilent d'ici 2022

Philippe Donnay, commissaire au bureau du plan: "La croissance revient". ©Thierry du Bois

Le marché de l’emploi restera très dynamique jusqu’en 2022 grâce aux baisses de charges accordées par le gouvernement. Le déficit semble, par contre, difficile à résorber.

Le Bureau du plan vient de mettre à jour ses prévisions sur cinq ans pour l’économie belge. Croissance, emploi, déficit: à quoi faut-il s’attendre d’ici 2022?

Croissance modérée. Le Bureau du plan table sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,6% cette année ainsi qu’en 2018. La croissance devrait ensuite se stabiliser aux alentours de 1,5% par an d’ici 2022. Ces chiffres sont en tout point identiques à ceux avancés par la Banque nationale dans ses prévisions semestrielles le 13 juin.

La croissance sera essentiellement alimentée par la demande intérieure. D’une part, le revenu disponible des ménages augmentera de 2% par an en termes réels à la fois en 2018 et 2019. Fini le temps du saut d’index et du gel des salaires. Place au tax shift qui poursuivra sa montée en puissance au cours des deux prochaines années.

L’investissement public sera l’autre moteur de la croissance, grâce à deux gros chantiers relatifs à la mobilité: le RER et l’Oosterweel (bouclage du Ring d’Anvers). À cela s’ajoutent les dépenses militaires qui vont décoller à partir de 2020. Le gouvernement a en effet lancé fin 2016 un programme d’achat de matériel militaire (véhicules blindés notamment) dont les premières factures seront honorées à partir de 2020. Le dossier du remplacement des F-16 n’est, lui, pas encore tranché et donc pas pris en compte par les experts du Plan.

Jobs, jobs, jobs. C’est la bonne nouvelle de ce rapport: malgré une croissance de 1,5% seulement, l’économie belge semble en mesure de créer 40.000 emplois par an au minimum jusque 2022. Après le record de 2016 (59.100 emplois nouveaux), les années suivantes resteront très dynamiques: 57.700 emplois en 2017, 46.900 en 2018 et 39.400 en moyenne de 2019 à 2022. Au total, sur l’ensemble de la période prise en considération (2017-2022), on arrive à 262.000 emplois. La grande majorité de ces postes verront le jour dans les services marchands, notamment dans les soins de santé (vieillissement de la population oblige), mais aussi dans la construction (grâce à des réductions de cotisations sociales supplémentaires).

©Mediafin

Parallèlement, le taux d’emploi progressera de 67,7% en 2016 à 71,2% en 2022. C’est beaucoup mieux que sur la période 2006-2016, mais ce n’est malheureusement pas encore suffisant pour atteindre l’objectif fixé par l’Europe qui est de 73% en 2022. "Pour y arriver, il aurait fallu créer deux fois plus d’emplois encore", signale Koen Hendrickx, économiste au Bureau du plan.

Quant au taux de chômage, il va fondre de façon spectaculaire de 11,2% en 2016 à 8,2% en 2022. "Du jamais vu depuis les années 1980", observe Koen Hendrickx. Cette dégringolade est le résultat d’un double mouvement: d’une part, on crée de nouveaux emplois et, d’autre part, l’offre de main d’œuvre va se contracter suite au vieillissement.

À partir de 2019 en effet, les départs à la retraite vont s’accélérer et ils ne seront que partiellement compensés par l’arrivée des jeunes et le recul de l’âge de la pension. Autre bémol qu’il convient d’apporter à la baisse du chômage: la réglementation est devenue plus stricte de sorte que certaines personnes se retrouvent éjectées du système.

"La croissance revient et est intensive en emplois."
philippe Donnay
commissaire au plan

Budget. Si les baisses de charges et le tax shift dopent l’emploi et le revenu des ménages, tout ceci a un prix budgétaire, à savoir un déficit qui peine à se stabiliser sous la barre des 2% du PIB. Pour 2017 et 2018, le Plan table sur 1,9% de déficit, grâce à différentes mesures d’économies et à la baisse des dépenses pour l’accueil des demandeurs d’asile. Ensuite, on retombe à 2,3% jusqu’en 2022. Pourquoi? Parce qu’il faudra notamment financer le RER et le programme de modernisation de l’armée. La différence par rapport à l’objectif d’équilibre demandé par l’Europe en 2019, c’est 9 milliards d’euros. Autant être prévenu.

"Le budget 2017 est sur les rails"

"On observe une tendance à la hausse du côté des rentrées fiscales ainsi qu’une maîtrise des dépenses publiques. Si ces résultats sont confirmés, l’objectif inscrit dans la trajectoire du Programme de Stabilité sera atteint en 2017, sans devoir réaliser d’ajustement dans le cadre d’un contrôle budgétaire", s’est félicitée mardi la ministre du Budget Sophie Wilmès (MR) sur base d’un état des lieux du comité de monitoring. "La hausse de la croissance couplée aux créations massives d’emplois influencent positivement l’exercice 2017."

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