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300.000 femmes et hommes travaillent au foyer en Belgique

La grande majorité (86%) des personnes au foyer ne cherchent pas ou ne souhaitent pas un emploi pour des motifs personnels ou familiaux. ©Hollandse Hoogte / Piet den Blanken

Mobiliser au moins une partie des personnes au foyer pour le marché du travail nécessite de renforcer les structures d'accueil pour les enfants et les personnes âgées.

Si la Belgique compte plus de 500.000 chômeurs, on oublie parfois qu’elle compte aussi parmi la population active environ 300.000 personnes au foyer. Ce dernier chiffre, sorti de la dernière "Enquête sur les forces de travail" menée par Statbel, est interpellant à l’heure où le gouvernement voudrait porter le taux d’emploi à 80%.

D’autres constats chiffrés sont posés par l’économiste Philippe Defeyt, qui dirige l’Institut pour un développement durable (IDD). Premièrement, la quasi-totalité – 95% en 2020 – des personnes au foyer sont des femmes.

Deuxièmement, le nombre de personnes de 20-64 ans au foyer a considérablement baissé, passant de 1.000.000 en 1986 à 300.000 en 2020.

29%
Près d'un tiers (29%) des 20-34 ans au foyer comptabilisés en Belgique sont concentrés à Bruxelles.

Bruxelles se démarque

Troisièmement, il y a d’importantes variations régionales. En 2020, on recensait proportionnellement plus de personnes au foyer à Bruxelles (18,8%) qu’en Flandre (45,1%) et en Wallonie (36,1%). C’est particulièrement vrai pour les 20-34 ans où Bruxelles concentre 29% des personnes au foyer alors que Bruxelles ne représente que 13% de la population du pays.

Cette évolution est assez récente. En 1986, Bruxelles ne comptait que pour 8,3% des personnes au foyer (11% chez les 20-34 ans). Faut-il y voir le résultat d’une concentration importante de personnes issues de l’immigration où les femmes travaillent moins? "On peut émettre cette hypothèse", avance Philippe Defeyt.

Quatrième constat enfin, la grande majorité (86%) des personnes au foyer ne cherchent pas ou ne souhaitent pas un emploi pour des motifs personnels ou familiaux, dont 35% avancent comme raison la garde d'enfants ou de personnes dépendantes.

Réactiver, mais comment?

Au vu du débat actuel sur le taux d’emploi, il faudrait selon Philippe Defeyt chercher à comprendre les motivations de ces personnes au foyer. "Je ne porte pas de jugement de valeur, je dis simplement que cela vaudrait la peine de s’y intéresser. On pourrait imaginer qu’il y ait parmi ces personnes au foyer des profils en pénurie sur le marché du travail. Il est probable que plus de structures d’accueil pour les enfants et plus de services d’aides pour les personnes dépendantes permettraient de libérer des énergies pour le marché du travail."

"C’est surtout l’aisance du partenaire qui travaille qui crée les conditions pour faire le choix de rester au foyer."
Philippe Defeyt
Économiste

À moins que le quotient conjugal (qui permet à celui qui travaille seul d’imputer une partie de son salaire sur celui du conjoint inactif) y soit aussi pour quelque chose? "Le quotient conjugal ne vaut que pour les couples mariés", tempère Philippe Defeyt. "C’est surtout l’aisance du partenaire qui travaille qui crée les conditions pour faire le choix de rester au foyer", pense-t-il.

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