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750 millions d'euros de moins que prévu pour la relance belge

Les fonds européens serviront notamment à développer de l'énergie verte. ©BELGA

Ce n'est pas une mauvaise nouvelle puisque les moyens alloués par l'UE sont diminués en raison des performances économiques belges, meilleures que la moyenne européenne.

La Belgique pourrait être privée de 750 millions d’euros de fonds européens destinés à soutenir la relance, du fait que l’économie belge enregistrerait ces deux dernières années une meilleure croissance que la moyenne des États membres européens. C’est ce qu’indique la Banque nationale de Belgique dans sa revue économique de septembre.

12%
de l'enveloppe
Le soutien financier promis par l'Union européenne à la Belgique pourrait être raboté de 750 millions, soit plus de 12% de l'enveloppe initiale de 5,9 milliards d'euros.

En juin dernier, la Commission européenne avait donné son feu vert au plan de relance déposé par la Belgique en promettant 5,9 milliards d’euros de soutien. Ce montant servira notamment à financer des projets en matière de mobilité douce, d'énergies vertes et de nouvelles technologies. Des projets porteront également sur le maintien de la biodiversité et la lutte contre les effets des sécheresses à répétition. Une première tranche de 770 millions d’euros de financement a déjà été libérée en août dernier.

L’ajustement à la baisse de 750 millions d’euros représente plus de 12% de l’enveloppe initiale de 5,9 milliards d’euros. Cette enveloppe a été fixée par les instances européennes à partir de prévisions économiques qui remontent à l'automne 2020. Quant au rabotage de 750 millions d'euros, il s'appuie sur les prévisions de l'été 2021.

Répartition définitive en juin 2022

Cet ajustement ne constitue pas réellement une surprise. Dès le départ, en effet, il était déterminé que l'enveloppe du plan de relance post-covid de l'Union européenne serait répartie pour 70% en fonction de chiffres déjà connus (taille de la population, PIB par habitant, taux de chômage moyen 2015-2019), et pour 30% en fonction de données qui vont encore varier.

"C’est le résultat d’une relance économique très forte en Belgique."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État à la relance

Ces 30% du total des subventions ne seront définitivement répartis entre États membres qu'après juin 2022, car ils doivent être basés pour moitié (donc 15%) sur la perte de PIB réel observée en 2020 et pour moitié (à nouveau 15%) sur la perte cumulée de PIB réel observée sur la période 2020-2021.

Actuellement, la Commission européenne s'attend à ce que certains pays retrouvent leur niveau de PIB de 2019. C’est le cas notamment des pays scandinaves, des États baltes et du Luxembourg. Ces pays ne recevraient dès lors rien au titre de la deuxième tranche de 15%. L'Irlande, elle, a même enregistré une croissance de son PIB en 2020, ce qui lui fait perdre 30% des fonds de relance européens.

Une bonne nouvelle

Pour le secrétaire d’État fédéral à la Relance Thomas Dermine (PS), cet ajustement de 750 millions d’euros ne constitue pas une mauvaise nouvelle, au contraire. "C’est le résultat d’une relance économique très forte en Belgique. Cette relance a été rendue possible par un contexte macroéconomique favorable et par une gestion maîtrisée de l’épidémie, ce qui a permis de libérer l’économie plus rapidement que prévu."

"La question est de savoir si on va réduire le dispositif ou si on va compenser avec le budget fédéral."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État à la relance

Il ajoute que "d’un point de vue des finances publiques, il est plus intéressant d’avoir une reprise économique plus importante" que de devoir tabler sur des aides européennes.

Reste à voir quel impact cette réduction budgétaire pourrait avoir sur les projets qui ont été sélectionnés dans le plan de relance de la Belgique. Va-t-on devoir couper parmi ces projets? Thomas Dermine préfère temporiser sur ce point. "La question est de savoir si on va réduire le dispositif ou si on va compenser avec le budget fédéral." Qui dit relance plus importante dit en effet nouvelles recettes. Mais il est trop tôt pour répondre, selon Thomas Dermine. "Cette discussion n’aura pas lieu avant juin 2022", précise-t-il.

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