Adecco salue un "bon" rapport coût-efficacité du soutien belge à l'économie

La décision rapide d'appliquer le chômage partiel avec souplesse en réaction à la pandémie a été salutaire selon l'étude d'Adecco. (Photo: siège de l'Office national de l'emploi) ©BELGA

Les effets des mesures de soutien à l'économie prises par la Belgique face à la crise du coronavirus sont plutôt bons en regard de ce qui s'est fait ailleurs en Europe et du montant consacré, selon une étude menée par le groupe Adecco.

La Belgique "ne s'en sort pas trop mal" jusqu'ici dans la gestion de la crise économique déclenchée par le nouveau coronavirus, selon Adecco. Le groupe d'intérim suisse a comparé les mesures de soutien économique et leurs effets attendus dans dix pays européens ainsi qu’aux États-Unis et au Japon. De tous les pays étudiés la Belgique affiche jusqu’ici le stimulus le plus bas, selon Adecco: 1,25% du produit intérieur brut (PIB), contre par exemple 2,5% aux Pays-Bas ou même 10,1% en Allemagne. Pourtant le groupe RH classe la Belgique parmi les pays aux performances "honorables". L'efficacité de son soutien à l'économie serait meilleure que ceux de l’Autriche, l’Italie, et surtout de l'Espagne et du Royaume-Uni, qui selon Adecco "doivent se préparer au pire".

Chômage temporaire

Pour arriver à ce classement, le groupe RH s'est appuyé sur l'évolution des indicateurs de performance macro-économiques, les mesures de confinement décrétées et celles de soutien aux entreprises et aux travailleurs. Le "bon score" belge, Adecco l’attribue avant tout à l'instauration dès le 13 mars du chômage temporaire de force majeure pour les réductions de temps de travail liées au Covid-19. "Les règles pour appliquer le chômage économique sont normalement très complexes, elles ont été considérablement simplifiées ce qui a donné beaucoup d’oxygène aux entreprises", souligne Nico Reeskens, country manager d'Adecco pour la Belgique.

"Les règles pour appliquer le chômage économique sont normalement très complexes, elles ont été considérablement simplifiées ce qui a donné beaucoup d’oxygène aux entreprises."
Nico Reeskens
Adecco

Le chômage temporaire belge n’est pas une exception: fin avril, des demandes d’aide de ce type avaient été introduites pour un quart des travailleurs européens, pointe le groupe RH, même si la formule par laquelle les États compensent la perte de salaire des employés varie.

Le bon score qu’attribue l'étude à la Belgique s'appuie notamment sur les prévisions de croissance publiées début mai par la Commission: -7,2% pour 2020, alors que les prévisions plus récentes de la Banque nationale tablent sur -9%. "L'étude porte sur les mesures de la première phase de réponse à la crise. On entre dans la seconde, ça va être autre chose", souligne Nico Reeskens.

Les pays dont les projections économiques sont les meilleures (Allemagne, Suisse, la Suède) le doivent selon Adecco à la fois à la mise en œuvre de mesures de réduction du temps de travail et à l'aide financière des gouvernements. En avril, il s'était avéré que l'Allemagne avait à elle seule notifié 51% du montant total des aides d'État octroyées pendant cette crise. La Belgique arrivait 5e dans ce classement, avec 3% des aides déclarées.

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