Alain Lamassoure:"La Belgique n'est pas un petit pays"

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Le président de la commission spéciale "TAXE" a réagi sur la position de la Belgique en matière fiscale.

Vous vous attendez à un débat aussi clivé sur la concurrence fiscale dans les autres parlements que vous visiterez?

Le clivage n’est pas surprenant, notre délégation est elle-même divisée. Nous allons au Luxembourg lundi et je pense que nous allons y assister à un débat un peu comparable. C’est excellent.

La Belgique doit être fiscalement agressive pour compenser le fait qu’elle est un petit marché, dit la majorité. Convaincant?

C’est un argument que je déconseille d’employer. La Belgique n’est pas un petit pays, elle a la taille moyenne d’un pays européen. Par ailleurs, un petit pays profite plus du grand marché qu’un grand pays: la Slovénie et ses 2 millions d’habitants ont plus profité de l’entrée dans l’UE que l’Allemagne et ses 81 millions d’habitants ne profitent de l’accès au marché slovène…

L’harmonisation fiscale conduit à une augmentation de la fiscalité et risque de tuer la croissance, disait un député (Open VLD) de la majorité. Qu’en pensez-vous?

Cela dépend de ce que l’on appelle harmonisation fiscale, et il n’y a aucune raison pour que l’harmonisation se fasse forcément vers le haut. En juin, la Commission européenne va mettre sur la table une proposition de définition commune de la base fiscale. Cela ne mettra pas fin à la concurrence fiscale, mais à la concurrence obscure et déloyale. Aujourd’hui personne ne sait exactement comment chacun calcule le bénéfice des entreprises, et cela permet des situations scandaleuses du type de ce qu’a révélé l’affaire LuxLeaks. Je vois très bien fonctionner une concurrence fiscale dans laquelle nous aurons harmonisé la base de l’impôt des sociétés comme nous l’avons déjà fait pour la TVA. Et à mon avis cela poussera plutôt à une réduction de la moyenne des taux qu’à une hausse. F.R.

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