Assainissement budgétaire | "Cessons le stop and go"

La BNB plaide pour une finalisation rapide de l’assainissement budgétaire afin de rendre confiance aux acteurs économiques.

Le déficit budgétaire, qui était de 2,5% en 2015 a été ramené à 0,8% en 2017 puis 0,7% en 2018. Cette évolution favorable est à mettre sur le compte d’une accélération des versements anticipés effectués par les entreprises, menacées d’une amende par le gouvernement en cas de retard.

Les analyses économiques de la Banque nationale

Si on ne tient pas compte de cet effet d’aubaine, le solde de financement structurel est de 1,4% en 2017 et de 1,5% en 2018. "Autrement dit, le solde budgétaire s’est même quelque peu dégradé en 2018, observe Pierre Wunsch. Si c’est dû aux dépenses des communes plus élevées en raison des récentes élections locales, on peut encore comprendre. Si par contre, il s’agit d’une dégradation durable, alors il faudra corriger le tir", suggère-t-il.

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Soutenir la confiance

Plus globalement, le gouverneur estime que ce n’est pas très sain de faire "du stop and go" au niveau de l’assainissement budgétaire. "En 2015 et en 2017, on a réduit le déficit. En 2016 et en 2018, on n’a rien fait. Or il faudrait qu’on puisse dire à un moment donné: l’assainissement est terminé, notre déficit est à zéro. Ce serait bénéfique pour la confiance des acteurs économiques du pays", laisse-t-il entendre.

À ceux qui ne partagent pas cette propension pour l’orthodoxie budgétaire, Pierre Wunsch rappelle qu’il est nécessaire de pouvoir s’appuyer sur une marge de sécurité pour quatre raisons au moins: il faut anticiper la prochaine récession, la dette globale reste très élevée (supérieure à 100% du PIB), le vieillissement de la population doit être financé, les règles européennes doivent être respectées. "C’est normal, la Belgique est membre d’un club qui est l’Europe. Elle doit se tenir aux règles."

Peu de marge de manœuvre

Cette nécessaire discipline budgétaire réduit la marge de manœuvre du gouvernement pour la prochaine législature. Le gros des marges budgétaires étant parti dans le tax shift, tout nouvel allégement de la fiscalité devra nécessairement se faire par une diminution des dépenses. Dans notre édition de jeudi, le Bureau du Plan évoque un "trou" budgétaire de 12 milliards d’euros à combler d’ici 2024, à politique inchangée.

Pierre Wunsch plaide pour une limitation des dépenses courantes et une augmentation des dépenses d’investissement par les pouvoirs publics. Or depuis l’an 2000, on n’observe plus de hausse nette du stock d’investissement.

Un coup de pouce pourrait venir, selon lui, d’une mobilisation de l’important volume d’épargne privée, moyennant des incitants appropriés bien entendu. À cela s’ajoute une nécessaire coordination entre les niveaux de pouvoir. Les chantiers du RER et de la 5G sont là pour l’illustrer. 

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