Avec le corona, la pharma voit ses exportations grimper en flèche

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La plupart des secteurs ont fortement souffert du premier lockdown. La pharma, elle, a vu ses exportations grimper alors de 47,5%, à plus de 10 milliards d'euros.

Retour sur le premier lockdown. Confrontée à la première vague de la pandémie de covid 19, le gouvernement fédéral et les entités fédérées décident de mettre à l’arrêt des pans entiers de l’économie le 17 mars. La mise sous cocon dépasse les frontières belges avec un ralentissement de la plupart des échanges commerciaux entre pays. C’est inédit. Le commerce mondial est sous couveuse. Les séquelles économiques sont là. Et même si l’Organisation mondiale du commerce ne prévoit désormais plus qu’un recul de 9,2% du commerce international de marchandises cette année, les trois mois du lockdown belge, entre mars et mai, ont fait des dégâts à tous les étages.  

La capacité de redressement rapide des partenaires commerciaux de la Belgique jouera un rôle déterminant dans la reprise de nos exportations dans les secteurs les plus touchés.
Fabienne L'Hoost
Directrice générale de l'Agence pour le commerce extérieur

Avec les trois agences régionales à l’exportation (Awex, Fit et Hub Brussels), l’Agence pour le commerce extérieur vient de boucler un état des lieux de l’impact du premier lockdown sur les exportations belges, en décortiquant les chiffres, secteurs par secteurs, et en mettant en exergue le positionnement de la Belgique par rapport aux pays limitrophes. Ce premier opus sera suivi d’une deuxième analyse d’ici quelques mois. En attendant ce nouvel état des lieux, Fabienne L’Hoost, la directrice générale de l’Agence pour le commerce extérieur, tire déjà une conclusion : «la capacité de redressement rapide des partenaires commerciaux de la Belgique jouera un rôle déterminant dans la reprise de nos exportations dans les secteurs les plus touchés ».

Une pharma contracyclique

Sans rentrer dans la topographie des forces et faiblesses du commerce extérieur belge, la photographie de l’étude rappelle toute l’importance du secteur de la pharma dans l’économie belge. Et même si le contexte de la pandémie l'y aide, le secteur semble immunisé par la crise en démontrant une nouvelle fois son poids dans le commerce extérieur belge. «Les exportations des entreprises belges de ce secteur se sont élevées un peu plus de 10,5 milliards d’euros au cours des mois de mars à mai 2020, soit une croissance de 47,5% par rapport à la moyenne sur la même période des années 2017-2019. »

25 études cliniques Covid

Outre la présence de leaders internationaux, notamment en matière de recherche sur les médicaments et les vaccins, « la Belgique possède, au sein de l’UE, le plus haut niveau par habitant d’investissement pharmaceutique dans la recherche et le développement», rappelle l’étude. D’après essenscia, la fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie, le secteur a investi 4,5 milliards en 2019, « ce qui équivaut à plus de 12 millions d'euros par jour, soit une augmentation de près de 50% en dix ans.» La densité de chercheurs par 1.000 habitants serait elle 30% plus importante qu’aux Etats-Unis avec 12.000 personnes employées en 2018, pointe une analyse de Biowin, le pôle de compétitivité wallon axé sur les sciences du vivant. Notre pays s’est également imposé comme l’un des pôles les plus importants au monde pour la distribution et l’approvisionnement en médicaments et vaccins.

25 demandes d’études cliniques pour le traitement ou la prévention de la COVID-19 ont déjà été soumises dans notre pays.
Geert Steurs
Economise de pharma.be

Cette position névralgique met la Belgique au centre de la carte dans la recherche d’un vaccin contre le covid. Interrogé par l’Agence pour le commerce extérieur, Geert Steurs, économique en chef de pharma.be, l’association générale de l’industrie du médicalement, pointe ces chiffres : « 25 demandes d’études cliniques pour le traitement ou la prévention de la COVID-19 ont déjà été soumises dans notre pays ».  Derrière ces chiffres, on y trouve 21 études pour les médicaments COVID-19 – auxquelles participeront à terme plus de 3 000 patients dans 31 centres - et 4 études pour les vaccins.

Les autres secteurs s’écrasent

Hormis la pharma, tout le monde a perdu des plumes, avec en tête le secteur automobile et sa chaîne de sous-traitants. « Les exportations belges dans ce secteur ont chuté de 3,2 milliards d’euros au cours des mois de mars à mai 2020. »

In fine, et sans trop de surprise, la crise aura fait chuter les exportations belges de 17,8% entre mars et mai 2020, pour atteindre un peu moins de 83 milliards d’euros. « Cela a fait de notre pays le cinquième exportateur de marchandises au sein de l’Union européenne pendant la période de confinement. La Belgique occupait déjà cette position en 2019.” A l’échelle européenne, si la Belgique fait mieux que l’Allemagne, l’Espagne ou la France, elle se classe derrière les Pays-Bas.  «En comparaison avec les pays voisins présentant une structure d’exportation comparable que la Belgique, le bilan de notre pays est moins positif. L’Autriche, la Suède et le Danemark ont vu leurs exportations diminuer moins fortement que celles de notre pays.” L’Irlande a même vu la valeur de ses exportations augmenter de 17% pendant le confinement en raison de l’importance des produits chimiques dans ses exportations.

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