Carrefour fait repartir les licenciements collectifs à la hausse

©REUTERS

Le distributeur Carrefour est responsable de la moitié des emplois visés, au premier trimestre, par des annonces de plans Renault.

Le nombre d’emplois concernés par les nouveaux plans de licenciements collectifs dévoilés par les entreprises durant le premier trimestre est reparti à la hausse, après trois années de baisse: 2.405 postes sont susceptibles d’être supprimés sous le régime de la procédure Renault à l’issue des trois premiers mois, contre 1.285 sur la même période de 2017. Pour retrouver un total plus élevé, il faut remonter au premier trimestre 2014, où 2.449 emplois étaient menacés.

La statistique du début 2018 compilée par le SPF Emploi offre une vision quelque peu déformée de la conjoncture économique, car un seul employeur est responsable de la moitié des suppressions de postes envisagées.

Il s’agit du grand distributeur Carrefour, qui a prévu 1.233 licenciements collectifs dans ses hypermarchés et ses services centraux. Sans cela, le bilan aurait été aussi bon qu’au début de l’année 2017. Du coup, la distribution est évidemment le secteur le plus touché, avec 1.462 postes, loin devant le transport (au sens large), avec 431 postes.

©belga

C’est la deuxième fois que Carrefour lance un programme de licenciements collectifs depuis que le SPF compile la statistique en 2009. La filiale du géant français avait frappé beaucoup plus lourdement en 2010 en annonçant 3.363 départs dans ses hypermarchés et 1.301 autres dans ses supermarchés.

Le secteur de la grande distribution a, du reste, déjà beaucoup contribué à alourdir la statistique ces dernières années, relève le SPF Economie qui rappelle les plans Renault de Delhaize (1.800 licenciements réalisés en 2014) , Makro (333 en 2014) et Cora (447 en 2014 également). Ce secteur reste donc soumis à très forte pression depuis cinq ans.

©BELGA

Les autres licenciements collectifs importants au premier trimestre 2018 émanent de plusieurs autres secteurs: 121 emplois menacés chez Nyrstar, dans le secteur des métaux de base ; 96 chez Sanoma (médias) ; 133 postes chez deux fournisseurs de l’usine Volvo Gent, Adient Belgique et Faurecia; 317 chez Medtronic, un distributeur de matériel médical ; et 71 chez Nortek Menen (chauffage). On notera aussi les 19 licenciements annoncés à l’abattoir Verbist d’Izegem, celui qui avait souffert, six mois plus tôt, de l’impact d’un reportage à charge sur les mauvais traitements des animaux.

→ Au total, 19 entreprises ont publié des plans Renault.

Ceci dit, le bilan est socialement meilleur au chapitre des licenciements clôturés (notifiés). Au premier trimestre, seules neuf entreprises ont terminé des plans Renault au terme desquels 524 travailleurs ont perdu leur emploi. Au départ, les plans annoncés visaient 572 postes : 48 d’entre eux ont donc été sauvés entre-temps.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content