Ces indicateurs qui prouvent que l'emploi se porte vraiment mieux

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Le nombre d’offres d’emploi récoltées par les services régionaux au 1er semestre 2016 dépasse les niveaux atteints sur la même période avant la crise.

Comment se porte le marché de l’emploi depuis le début de cette année? Très bien, merci pour lui. C’est l’image positive qui ressort des indicateurs trimestriels fournis par l’Office national de l’emploi (Onem).

Ces statistiques donnent un aperçu de la situation en matière d’emploi pour les six premiers mois de l’année. Et le marché semble enfin se décider à suivre la même courbe que la croissance. Pour les deux premiers trimestres de 2016, le PIB enregistre une croissance annuelle de 1,5 et 1,4%. On est encore loin des niveaux d’avant crise (3,4% en 2007). Mais ces données sont nettement plus positives que lors des années sombres de 2012 et 2013 (à l’époque, 0,2% et 0% de croissance du PIB).

La BNB table sur la création de 140.000 emplois entre 2016 et 2018.

Durant les deux premiers trimestres de l’année, le niveau des offres d’emploi reçues par les services régionaux a renoué avec le "faste" des années 2007 et 2008 (avant que tout ne bascule). Mais nuançons: on ne double pas le nombre d’offres. Il augmente de 20% (quand même) comparé à la même période en 2015, et 30% comparés au 1er semestre 2014. Autre nuance à apporter, cette embellie sur le marché des offres d’emploi n’est pas comparable d’une région à l’autre. L’infographie ci-dessous le montre: le marché est tiré par les entreprises en Flandre… Le nombre d’offres d’emploi y est même nettement supérieur à celui de 2007.

En Wallonie et à Bruxelles, la situation est plus contrastée. La Région bruxelloise montre une situation en progression constante, comme si la crise n’y avait quasiment pas eu d’impact. La Région arrive presque à doubler son nombre d’offres d’emploi par rapport à 2007. Mais elle partait aussi de très bas comparé aux deux autres. En Wallonie, on remarque que le marché de l’emploi a subi le contrecoup de la crise de 2008, mais qu’il n’a pas encore retrouvé son dynamisme d’antan.

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Confirmation dans les créations

La hausse du nombre d’offres d’emploi n’est évidemment pas un gage de réussite sur le marché du travail. Mais lorsqu’on observe l’évolution de l’emploi intérieur (dans les statistiques de la Banque Nationale), on constate que l’effet positif se concrétise sur le terrain. L’emploi a progressé d’environ 47.000 unités (nettes) entre le premier trimestre 2015 et le 1er trimestre 2016. Dans ses prévisions futures, la BNB table d’ailleurs sur la création de 140.000 emplois entre 2016 et 2018.

Si l’emploi se porte mieux, c’est notamment grâce au dynamisme du marché du travail intérimaire.

Si l’emploi se porte mieux, c’est notamment grâce au dynamisme du marché du travail intérimaire, nous apprend encore le rapport trimestriel de l’Onem. Le nombre moyen d’heures prestées n’est pas encore revenu au niveau d’avant crise, mais il n’en est plus loin… Et surtout, il ne cesse d’augmenter depuis fin 2012, malgré les années difficiles. Or, le travail intérimaire est généralement perçu comme un indicateur précurseur de la santé du marché du travail. Lorsque l’économie se porte mieux, c’est le premier à en récolter les bénéfices. Vient ensuite le marché de l’emploi classique. Ce phénomène serait en train de se concrétiser.

Derniers indicateurs positifs, les licenciements et les faillites. Depuis le pic le plus récent, celui de l’année 2013, le nombre d’emplois perdus suite aux faillites lors du 1er semestre de l’année n’a cessé de baisser. Au 1er semestre 2016, 12.775 emplois ont été supprimés suite à une faillite. Si le même rythme se poursuit jusqu’en décembre, on pourrait, au pire, atteindre le même niveau que l’ensemble de l’année 2015, une année, déjà bien meilleure que les précédentes.

Les procédures de licenciement collectif sont aussi moins nombreuses depuis deux ans. Sur base annuelle, elles avaient connu des pics en 2012, 2013 et 2014 (tournant autour de 10.000 procédures par an). Depuis, on retombe à un niveau d’environ 5.000 procédures par an. Mais attention, cet indicateur n’est pas le plus pertinent pour évaluer la santé de l’économie. Les procédures de licenciement collectif ne concernent que les entreprises de plus de 20 travailleurs. C’est donc tout un pan de l’économie qui échappe à cette statistique…

Des perspectives optimistes

Plus d’un responsable RH sur quatre envisage de créer de nouveaux postes au cours du deuxième semestre 2016, ressort-il d’une enquête du spécialiste RH, Robert Half. Ils sont légèrement moins optimistes que l’année dernière. Mais cela reste globalement positif, juge Robert Half car 63% des responsables RH se montrent confiants par rapport aux perspectives économiques. Ils envisagent surtout de pourvoir les postes vacants dans les prochains mois. 60% d’entre eux le croient. C’est 12% de plus que l’année dernière.

Autre constat: la proportion de responsables RH indiquant vouloir supprimer des postes au cours des six prochains mois (3%) ou geler les recrutements (11%) a diminué par rapport à 2015. À l’époque, pas moins de 22% de responsables RH pensaient suspendre leurs projets de recrutement et 5% envisageaient même de supprimer des postes. "Même si on n’observe pas d’augmentation du nombre d’entreprises qui comptent élargir leurs équipes, le centre de gravité des plans de recrutement va de plus en plus vers la rétention des employés ou la création de nouveaux postes", commente Frédérique Bruggeman, managing director de Robert Half.

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