Comment consommer pour favoriser la relance?

Il vaut mieux se rendre chez son marchand de vélo que d'acheter sur Amazon un vélo fabriqué en Chine.

C'est en dirigeant l'épargne vers des produits ou des services à forte valeur ajoutée en Belgique, qu’on obtient le meilleur résultat en termes de relance économique.

Le bas de laine d'environ 20 milliards d’euros d'épargne forcée des ménages en 2020 devrait permettre de relancer la demande intérieure, une fois qu'on aura trouvé un vaccin et que la situation sanitaire sera normalisée. C'est ce qu'affirme le gouverneur de la Banque nationale Pierre Wunsch, auditionné ce mardi à la Chambre.

Reste à voir comment mobiliser cette épargne et vers où la canaliser? La façon la plus naturelle de rediriger cette épargne vers l'économie, c'est de la consommer. Mais comment consommer intelligemment d'un point de vue économique? Comment garantir à la consommation le meilleur effet multiplicateur?

Valeur ajoutée et effet multiplicateur

Pour Philippe Ledent, économiste chez ING, c'est en consommant des produits ou des services à forte valeur ajoutée en Belgique qu'on obtient le meilleur effet multiplicateur. "Cela ne signifie pas à tout prix consommer local, il faut surtout consommer malin. Le choix que l'on opère en tant que consommateur aura nécessairement un impact économique. Acheter sur Amazon un vélo fabriqué en Chine n'aura pas le même effet multiplicateur sur l'économie belge que d'acheter un vélo fabriqué en Chine auprès d’un détaillant belge ou – mieux encore – un vélo fabriqué en Belgique."

"Il ne faut pas à tout prix consommer local, il faut surtout consommer malin."
Philippe Ledent
Economiste chez ING

L'économiste ne plaide pas pour autant pour le repli protectionniste. "Sur le long terme, une petite économie ouverte comme la Belgique a besoin d'échanges internationaux. Mais si on veut donner un coup de fouet immédiat, et favoriser une relance rapide, l'option d'acheter un produit qui génère une importante valeur ajoutée en Belgique sera la plus intéressante."

De ce point de vue, s'offrir un beau voyage à l'étranger n’est pas la meilleure idée. Pas plus que de continuer à thésauriser sur un compte-épargne. "L'argent de votre livret sert bien sûr à financer l'économie, mais compte tenu de l'excès de liquidités sur les marchés, la contribution de votre épargne à la relance sera marginale. Sauf à viser des poches de l'économie mal financées, comme des start-ups par exemple", souligne Philippe Ledent.

Impôt de crise

Une troisième façon de mobiliser l'excès d'épargne des ménages, c'est la contrainte étatique. Autrement dit, prélever un impôt de crise pour financer des dépenses publiques qui auront un effet multiplicateur au niveau économique.

"C’est aussi une façon de pratiquer une certaine redistribution, mais c'est un choix avant tout politique", indique Philippe Ledent. Sans oublier que de nouveaux impôts peuvent générer des effets pervers, comme par exemple le réflexe d'épargner davantage. Auquel cas, ce serait un coup dans l’eau.

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