Comment les écoles se préparent à la manif pour le climat

©Tim Dirven

Les jeunes marcheront une nouvelle fois ce jeudi à Bruxelles pour réclamer une politique climatique plus ambitieuse. Le mouvement, qui essaime petit à petit en Wallonie, pousse les écoles à s’organiser.

Acte III pour "Youth for climate". Comme les deux dernières semaines, Bruxelles s’apprête ce jeudi à accueillir de jeunes manifestants, venus d’un peu partout en Belgique exiger des mesures concrètes dans la lutte contre le changement climatique. Initié en Suède par une adolescente, Greta Thunberg, le mouvement a petit à petit fait tache d’huile en Belgique. À l’invitation de deux élèves anversoises, ils étaient plus de 3.000 jeunes, jeudi 10 janvier, à battre avec énergie le pavé de la gare Centrale. La semaine d’après, 12.500.

C’est super de manifester, mais après ça doit se transformer en actions concrètes au sein de l’école.
Axel Bex
Directeur du lycée Mater Dei

Une mobilisation qui prend donc de l’ampleur, et qui pousse les écoles à s’organiser. Doivent-elles distribuer à foison les heures de colle en cas d’absence, ou au contraire pousser les jeunes têtes blondes à aller se battre pour la planète? Dans une grande école secondaire de la capitale, on se refuse à encourager à manifester, question de sécurité: "Nous serions en effet dans l’incapacité de garantir la sécurité des élèves dans un mouvement de foule. Avec l’ampleur grandissante de cette mobilisation, les risques de débordement pourraient également s’accroître. L’autorisation de participer aux manifestations est donc subordonnée à celle des parents."

Youth for Climate | Comment les écoles s'organisent

C’est en effet une constante pour toutes les écoles contactées: assurances obligent, les élèves qui désirent marcher pour le climat doivent voir leur absence justifiée par un mot des parents. Plusieurs établissements scolaires ont d’ores et déjà pris les devants en organisant un système de roulement parmi les élèves, pour garantir que ce ne soit pas à chaque fois les mêmes qui aillent manifester, et ainsi leur éviter d’accumuler du retard dans leurs études, si le mouvement venait à durer.

Mener des actions concrètes

Certains directeurs d’école n’hésitent pas à profiter de la mobilisation de la jeunesse, pour lui faire passer un message: "C’est super d’être engagé, de manifester mais ça doit après se transformer en actions concrètes au sein de l’école. Nous avons une eco-team, un groupe de lycéens qui lancent des actions pour le respect de l’environnement. Ça serait bien si de plus en plus d’élèves pouvaient y participer" plaide Axel Bex, directeur du Lycée Mater Dei à Woluwe Saint-Pierre.

Même son de cloche du côté de l’Institut Saint-Boniface Parnasse à Ixelles, où la direction explique: "On demande aux élèves d’avoir une certaine cohérence. On s’est posé la question de savoir pourquoi pendant plus de 5 ans nous n’avions pas réussi à trier les déchets alors que nous avions mis en place un certain nombre de dispositions pour le faire. On profite donc de l’état d’esprit ambiant pour reconscientiser les élèves à l’effort écologique, et à mobiliser une équipe qui nous permettra de relancer le tri au sein de l’établissement."

En dehors de Bruxelles, les jeunes sont aussi sensibilisés au réchauffement climatique. Dans la foulée de la marche bruxelloise, un groupe d’élèves du Collège Saint-Barthélemy de Liège a décidé d’organiser une réplique jeudi midi, place Saint-Lambert. Le mot est passé, et de plus en plus d’écoles de la Cité ardente semblent partantes. Au DIC Collège par exemple, on va autoriser les 4e, 5e et rhétos à s’y rendre, moyennant l’autorisation des parents. Et pour ceux qui d’aventure ne devaient pas obtenir le feu vert parental, des dispositions devraient être prises. "Un prof d’économie me disait qu’il allait donner un cours pour les élèves restant en classe, sur les liens entre l’économie et l’écologie" explique Vincent Lambert, directeur du Collège.

En province de Namur aussi, des actions sont prévues. À Champion, l’Institut de la Providence organise ce jeudi une opération "60 minutes pour la planète": la deuxième heure de cours de la matinée sera remplacée par une discussion en classe sur les enjeux du changement climatique. Même en blocus, les étudiants du supérieur pourraient être également de la partie, à Bruxelles ou ailleurs, la FEF ayant appelé à rejoindre ce jeudi et dans les semaines qui suivent "le mouvement de grève pour le climat".

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