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Comment résoudre la pénurie des profils?

©Jan De Meuleneir

Après un bon cru 2017, la FEB table sur une accélération de la croissance au 1er semestre. Politiques, employeurs et demandeurs d’emploi doivent aider à résoudre la pénurie de profils.

L’année 2017 a été celle de la reconstitution de la croissance économique belge, estime Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la Fédération des entreprises (FEB). "2018 sera celle de la consolidation de cette croissance", ajoute-t-il.

Les différents critères de l’enquête effectuée tous les semestres par la FEB auprès de ses secteurs membres sont quasi tous bien orientés: l’activité au dernier trimestre 2017 s’est avérée très soutenue dans tous les domaines sauf dans le textile et le bois (affectés par l’effet du Brexit sur le cours de la livre), et pour les six mois à venir, 53% des secteurs estiment que leur niveau de production sera en progression, contre à peine 33% lors de la précédente enquête en mai 2017; la moitié" d’entre eux tablent sur le maintien de leur investissement (à un niveau élevé) et 35% sur leur hausse et ce, sur un front plus large qu’avant avec une majorité de secteurs impliqués; et 40% d’entre eux prévoient désormais une augmentation de l’emploi contre 10% seulement en mai dernier.

"Ces trois ou quatre dernières années, la croissance économique a été assez constante et l’emploi privé n’a cessé d’augmenter. Actuellement, on enregistre le niveau d’emploi le plus élevé depuis la crise de 2008" (Edward Roosens, chief economist de la FEB)

Rentabilité à suivre

"Nous voulons éviter que nos entreprises délocalisent faute de trouver ici la bonne main-d’œuvre."
Pieter timmermans
administrateur délégué de la feb

Au plan international, cette tendance favorable est soutenue par la croissance de l’économie mondiale et l’accélération du commerce mondial. Cette dernière se reflète dans notre économie traditionnellement très ouverte malgré deux évolutions négatives, celle de la hausse de l’euro face à la livre et au dollar, et celle des prix du pétrole. Au plan belge, l’amélioration de notre compétitivité est due à la modération salariale (notre handicap salarial a décru de 4 à 5%) et au tax shift, qui n’a pas encore donné tous ses effets mais qui a déjà contribué à améliorer nos parts de marché à l’export et notre attractivité pour les investisseurs étrangers.

→ Seul élément moins positif: la rentabilité de nos entreprises qui, outre les effets euro-dollar et pétrole, a pâti de la reprise de l’indexation automatique des salaires depuis deux ans et de la reprise de l’inflation vers les 2-2,1%.

Trois défis

"En 2018, la croissance sera soutenue par une politique budgétaire plus souple (avec l’entrée en vigueur de la phase 2 du tax shift), la croissance de l’emploi qui restera vigoureuse, la réforme de l’impôt des sociétés, les investissements privés et publics, poursuit Timmermans. Mais la grande question sera: combien de temps pourrons-nous tenir ce rythme?" Pour y arriver, il faudra relever trois défis, selon lui: résoudre la pénurie de main-d’œuvre, qui sévit dans un grand nombre de profils et plus seulement au niveau des ingénieurs et techniciens, trouver des solutions aux problèmes de mobilité qui frappent surtout le grand Anvers et Bruxelles, et négocier en fin d’année un nouvel accord professionnel modéré avec les représentants des travailleurs.

La pénurie de profils constituera le plus gros challenge. Des pistes?

La FEB en égrène une série: réformer l’enseignement pour mieux l’aligner avec les besoins des employeurs et réussir l’intégration des chômeurs, abaisser le niveau d’exigence des recruteurs, stimuler les demandeurs d’emploi à se rendre proactivement là où sont les jobs.

"Si on ne fournit pas cet effort, les entreprises devront se résoudre à recruter à l’étranger, voire à se délocaliser", relève Pieter Timmermans qui veut évidemment éviter cela.

©Mediafin

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