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Confions les clés de la relance économique aux épargnants belges

Sales director Intrum Belgique

Faisons en sorte d’activer le montant record d'épargne des Belges en les incitant à investir dans la reprise économique par le biais d’instruments financiers judicieux.

Le patrimoine financier net des ménages belges atteint désormais les 1.146,5 milliards d’euros, un montant qui contraste avec celui du déficit budgétaire belge.

Bien que la Belgique reçoive quelque 6 milliards d’euros de l’Europe pour relancer son économie, nous risquons d’ici fin 2021 d’avoir un budget dans le rouge entre 30 et 35 milliards d’euros. Contrairement à nos pays voisins qui devraient réussir à tempérer les répercussions de la crise du coronavirus d’ici la fin de l’année, nous serons encore d’ici fin 2022 à trois points du PIB escompté.

Pour relancer notre économie, il va falloir nous retrousser les manches. Pourquoi ne pas utiliser dès lors comme levier le secteur dans lequel nous sommes champions: l’épargne. Nous figurons parmi les chefs de file européens en la matière. Un récent sondage de Test Achats soulignait même que la moitié des Belges avaient l’intention de laisser dormir leurs économies corona sur un compte d’épargne. Nos gouvernements doivent passer à l’action. C’est le moment ou jamais!

Arrêtons d’alourdir la dette publique

Mesdames et Messieurs de la rue de la Loi, ne vous méprenez pas. Je comprends parfaitement toutes vos décisions de subvention et d’injection de capitaux pour aider nos entreprises et nos indépendants à maintenir la tête hors de l’eau.

420
milliards d'euros
Notre dette publique s’élevait déjà, il y a deux mois, à quelque 420 milliards d’euros.

Mais où puisez-vous tout cet argent.  Notre dette publique s’élevait déjà, il y a deux mois, à quelque 420 milliards d’euros. Arrêtez de créer d’autres dettes.

Il est temps d’opter pour la solution des capitaux privés belges. Demandez aux citoyens d’utiliser leurs économies. C’est là que se trouve la solution d’une stratégie réussie de relance économique. Si vous réussissez à activer ne fût-ce qu’un cinquième du montant total épargné au cours de l’année écoulée, notre économie fera déjà un sérieux bond en avant.

Créez de nouveaux instruments financiers comme des fonds pour l’horeca, la culture ou le secteur de l’événementiel.

Créez de nouveaux instruments financiers comme des fonds pour l’horeca, la culture ou le secteur de l’événementiel. Liez-les à des garanties d’État pour rassurer l’épargnant belge et l’inciter à investir dans notre économie. Vous pouvez également impliquer les épargnants dans l’un des cinq domaines chers à Monsieur Dermine, la digitalisation, la mobilité, la solidarité et la productivité. Mais, de grâce, orientez-les vers les groupes cibles spécifiques qui ont le plus besoin de ces fonds.

Solliciter les bons vivants et les amateurs d’art

Pour séduire l’épargnant belge, procédez de manière ciblée. Recourez à l’expertise de nos sociétés d’investissement en Flandre, la GIMV et la PMV, et en Wallonie, la FPIM et la SRIW. Elles, seules, savent mieux que quiconque quelles entreprises il faut soutenir. Elles peuvent déterminer si l’épargnant belge recevra un retour sur investissement de 3% après 5 ans ou 8 ans. Il me semble de toute façon peu probable que les livrets d’épargne avec leur taux de 0,11 % ou d’autres formules d’épargne proposées par nos grandes banques puissent offrir un tel rendement.

Les amateurs de festivals pourraient investir dans les petites entreprises de restauration et de sons et lumières qui font la renommée de la Belgique en matière de festival.

Si vous parvenez à convaincre l’épargnant belge, il y a fort à parier qu’il délaisse son bas de laine pour investir. D’autant plus s’il peut le faire dans des secteurs qu’il affectionne. Les bons vivants pourraient investir sans risque dans l’horeca tandis que les passionnés de culture pourraient se tourner vers les compagnies artistiques ou les maisons de la culture gérées en bon père de famille et les amateurs de festivals vers les petites entreprises de restauration et de sons et lumières qui font la renommée de la Belgique en matière de festival.

Une équipe de 11 millions pour relancer l’économie

Outre la création de mécanismes d’investissement, rassemblez cette équipe de 11 millions de Belges pour soutenir ces initiatives. Expliquez-leur quel coup de pouce ils peuvent donner à l’économie et pourquoi ils doivent le faire.

Christophe De Boeck, Intrum Belgique.

Les secteurs touchés ne doivent pas attendre le soutien des banques, alors qu’elles vont peut-être resserrer la vis en raison des risques qui augmentent. Conséquence: les secteurs qui en auront bientôt le plus besoin continueront de couler sans l’aide des épargnants belges. D’autres personnes perdront leur emploi, et notre économie devra encore plus en encaisser les coûts.

Il vous revient, en tant que gouvernement, de créer les instruments financiers judicieux accompagnés des garanties d’état adéquates. Notre économie a besoin des épargnants belges comme investisseurs. Ils doivent pouvoir contribuer à la croissance économique et à la reprise de l’économie belge.

Par Christophe De Boeck, Intrum Belgique

Le résumé

  • En 2020, les Belges ont épargné un montant record de 45,5 milliards d’euros.
  • Notre gouvernement a creusé l’immense cratère financier de nos finances publiques pour faire face à la crise.
  • La facture fiscale risque d’être pharaonesque.
  • Activons l’épargne des Belges en les incitant à investir dans la reprise économique.

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