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Conner Rousseau: "Si on n'augmente pas les salaires, alors on ne verse pas de dividendes"

Le socialiste flamand Conner Rousseau ©Photo News

Le président de Vooruit réagit à l'échec des discussions entre syndicats et employeurs dans le cadre de l'accord interprofessionnel.

Les socialistes flamands réfutent l'argument patronal comme quoi on n'augmente pas les salaires en temps de crise. Dans une interview accordée à L'Echo, le président de Vooruit (anciennement le sp.a) Conner Rousseau a mis les choses au point. "Il y a des secteurs où les affaires ont bien tourné, je pense aux supermarchés par exemple. Si on ne peut pas augmenter le salaire de ces gens-là, alors on ne verse pas de dividende aux actionnaires."

"On ne peut pas tolérer que le livreur soit payé au salaire minimum et que son patron verse des dividendes aux actionnaires."
Conner Rousseau
Président de Vooruit

Il cite aussi les achats en ligne auxquels les Belges ont eu massivement recours durant le confinement. "Les bénéfices dégagés partent à l’étranger ou dans des paradis fiscaux. On ne peut pas tolérer que le livreur qui satisfait tous nos désirs soit payé au salaire minimum et que son patron verse des dividendes aux actionnaires."

La marge salariale qui est actuellement sur la table et que les syndicats rejettent en bloc est fixée à 0,4%, selon les calculs du Conseil central de l'Économie (CCE). Les syndicats demandent aussi avec insistance que soit revue la loi de 1996 qui vise à préserver la compétitivité salariale de la Belgique par rapport à ses voisins. L'accord de gouvernement ne prévoit pas formellement de revoir cette loi.

0,4%
La marge salariale actuellement définie est trop limitée, aux yeux des syndicats et des socialistes flamands.

Conner Rousseau, lui, invite à élargir le spectre. "La marge salariale de 0,4% est trop limitée. Celui qui affirme que l’accord de gouvernement ne permet pas de sortir de cette norme salariale n’a pas bien lu le texte. L’accord de gouvernement prévoit la possibilité de se ménager une certaine marge supplémentaire d’une façon créative, par des circulaires par exemple."

La FEB proteste

Conner Rousseau ne plaide toutefois pas pour des hausses salariales linéaires. "Nous demandons simplement une marge supplémentaire et d’examiner quels secteurs peuvent se le permettre."

"L’accord de gouvernement prévoit la possibilité de se ménager une certaine marge supplémentaire d’une façon créative."
Conner Rousseau
Président de Vooruit

Sur ce point, il dénonce la méthodologie patronale. "Le blocage est venu des patrons qui ne veulent pas considérer sous un angle rationnel ce qu’est un secteur qui a réalisé de bonnes affaires au cours des derniers mois. Ils parlent d’une progression de 30% du chiffre d’affaires:  en période de crise, ce n’est pas très raisonnable."

Il faut aussi cibler le salaire minimum, "un excellent outil de relance", selon Conner Rousseau.

Plus tôt dans la journée, le président de l'Open Vld Egbert Lachaert avait invité les syndicats à "créer des attentes réalistes envers leur base". Ce à quoi le ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) a répliqué sur Twitter : "Sans marge pour une prime corona sérieuse et en l'absence de discussion sur le salaire minimum, il n'y aura pas non plus de marge pour les dividendes et les salaires des patrons."

La Fédération des entreprises de Belgique s'est dite "déconcertée" par la démarche de Conner Rousseau. "Les propositions de Vooruit n'aboutissent à rien et ce parti ne se rend pas compte qu'elles affecteront les petits épargnants, les retraités et de nombreux salariés", a-t-elle réagi.

L'organisation patronale estime qu'il s'agit d'une "très mauvaise idée". Selon la fédération, les dividendes nets des entreprises étaient déjà à un niveau très bas en 2019 et c'était avant que la crise Covid ne frappe durement les entreprises et les entrepreneurs.

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