Consommation | "Le tax shift a soutenu le pouvoir d'achat"

Le tax-shift et l’emploi ont soutenu le pouvoir d’achat des ménages. Et cela devrait continuer en 2019 et 2020 grâce à la baisse des prix de l’énergie.

Le pouvoir d’achat, c’est le thème du moment, comme l’illustre la grève générale de mercredi dernier et les manifestations des gilets jaunes. Or sur ce plan, les ménages belges ne sont pas les plus à plaindre, si l’on se fie aux constatations de la Banque nationale. Après une période de gel des salaires en début de législature, les salaires ont enfin progressé en termes réels en 2017 et en 2018.

En 2018, les salaires ont augmenté de 1,8% (grâce surtout au tax shift), le pouvoir d’achat de 1,2% et la consommation des ménages de 0,8% seulement. Suite à la baisse des taux d’intérêt, les revenus du capital se sont contractés, ce qui a eu pour résultat une progression du revenu disponible moins importante que les salaires. Le taux d’épargne, lui, a légèrement augmenté l’an dernier, passant de 11,5 à 11,8% du revenu disponible.

Les analyses économiques de la Banque nationale

La consommation a souffert de l’inflation élevée (2,3%). Celle-ci est surtout due aux prix de l’énergie qui ont augmenté de 8,9% en 2018 après 9,9% en 2017.

©Mediafin

Croissance riche en emplois

Par contre, la consommation a été soutenue par la bonne tenue du marché du travail. En 2018, 59.000 emplois supplémentaires ont vu le jour, après 65.000 en 2017 et 59.000 en 2016. Pierre Wunsch salue "la croissance très intensive en emplois" de ces dernières années, croissance pour laquelle "les mesures du gouvernement ont au moins contribué", précise-t-il. Résultat: on a atteint un taux d’emploi de 70% parmi les 20-64 ans, soit 2 points de pourcentage de plus qu’au début de la crise de 2007-2008. "Cela montre que les réformes fonctionnent. Un élargissement de l’offre de travail peut très bien s’accompagner d’une baisse du chômage. Contrairement à une idée reçue, nous ne sommes pas dans un jeu à somme nulle", observe le gouverneur.

Les écarts régionaux demeurent toutefois importants, avec un chômage à 13% à Bruxelles, 9% en Wallonie et 3% seulement en Flandre. "Pour la première fois, le nombre de postes vacants en Flandre dépasse le nombre de chômeurs", indique Wunsch. De plus, 43% des offres d’emploi ne requièrent pas de diplôme spécifique.

Baisse du pétrole

Pour l’avenir, différents facteurs pourraient soutenir le pouvoir d’achat et les dépenses intérieures, dont principalement la baisse du prix du pétrole depuis la fin de l’année 2018 et une nouvelle réduction de la fiscalité sur le travail dans le cadre du tax shift. Et maintenant que les tensions se sont accrues sur le marché du travail, l’évolution des salaires devrait également soutenir le revenu disponible. Dans ses prévisions de décembre dernier, la BNB annonçait une progression de 5,1% du pouvoir d’achat des Belges en 2019 et 2020.

Tout cela suppose qu’on échappe au spectre d’un Brexit sans accord, lequel, selon la BNB, pourrait coûter 1% de PIB à l’économie belge, particulièrement exposée. 

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