De moins en moins de jeunes arrivent sur le marché du travail

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Malgré la croissance de l'emploi en Belgique, la part des jeunes entrant sur le marché du travail diminue. Le secteur du non marchand, en particulier, enregistre une baisse de 17% en trois ans.

Ils ne sont plus que 2,9% à faire leurs premiers pas sur le marché du travail. Tels sont les chiffres de 2018, communiqués ce mercredi par Acerta, le groupe de services de ressources humaines pour starters, indépendants, employeurs, comptables et experts-comptables. Une baisse donc, si on se réfère aux 3,1% enregistrés en 2015. Pourtant, le marché de l'emploi est actuellement en croissance. Un paradoxe qui peut potentiellement s'expliquer par l'augmentation de la population active chez les 55-64 ans.

L’économiste Alessandro Grumelli ne s’en étonne pas: "Il y a, selon moi, deux éléments qui entrent en jeu. Premièrement, la durée de scolarisation est aujourd’hui plus longue. Ce qui, j’estime, n’est pas un phénomène inquiétant. Deuxièmement, il y a le recul de l’âge effectif de départ à la pension." Il rajoute: "Il est possible que le maintien en poste de travailleurs âgés peut se traduire par une limitation des recrutements au sein des jeunes. Si c’est le cas, et si le nombre de jeunes travailleurs arrivant sur le marché ne baisse pas, cela peut se traduire par un nombre de jeunes chômeurs plus élevé, mais également par un taux d’activité réduit dans cette classe d’âge."

Le non-marchand vieillit

"Il y a encore des efforts à fournir pour le secteur non marchand en termes d’image."
Benoît Caufriez
Directeur d'Acerta

C'est le secteur non marchand qui connaît la baisse la plus significative. Ils étaient 24,2% à se lancer sur le marché du travail par ce secteur en 2015, mais seulement 19,3% l'an dernier. Les jeunes travailleurs entrants se retrouvent davantage dans les secteurs des services (29,4%), du commerce (22,6%) et de l'industrie (24,4%). 

"Il y a encore des efforts à faire pour le secteur non marchand en termes d’image", estime Benoît Caufriez, le directeur d’Acerta. Il poursuit: "Il faut développer des idées pour rendre les entreprises du secteur plus attractives, plus modernes, plus dynamiques."  

Le monde professionnel a besoin des jeunes

Acerta stipule qu’il faudrait engager sur la base du potentiel et de l’expérience, tout en visant un équilibre optimal de 50-50. Les jeunes répondent pour le potentiel, les plus âgés pour l’expérience. "C’est avec cet équilibre-là que les gens sont les plus motivés et ne changent pas de job. Il permet aux jeunes de développer leur potentiel et aux plus âgés de transmettre leur expérience et leur savoir, ce qui est extrêmement passionnant en fin de carrière", explique Benoît Caufriez. Il termine: "Le défi, c’est d’intégrer dans la politique des ressources humaines cette mentalité-là."

Avec une baisse de 0,3% en trois ans, il n’y a pas de quoi s’alarmer, d’autant plus que celle-ci ne touche pas le secteur commercial et de service. L’idéal serait alors une petite touche de rajeunissement au non-marchand.

 

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