De Wever propose une majorité alternative pour empêcher la sortie du nucléaire

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Le président de la N-VA met la pression sur le gouvernement De Croo. Depuis l'opposition, il cherche à bâtir une majorité alternative pour empêcher la sortie du nucléaire. Le CD&V et le PS ont déjà refusé l'offre.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, espère faire tanguer la coalition "Vivaldi". Il propose une majorité alternative pour inverser la sortie du nucléaire en 2025, a-t-il dit sur Radio 1 samedi où il a qualifié les plans énergétiques du gouvernement fédéral de "désastreux".

Le président de la N-VA, Bart De Wever, veut empêcher la sortie nucléaire, a-t-il déclaré sur Radio 1. Selon lui, la Belgique deviendra bientôt "le producteur d'énergie le plus polluant d'Europe, après la Pologne" et la fermeture des centrales nucléaires sera accompagnée par "d'énormes hausses de prix" pour les consommateurs et les entreprises et l'incertitude sur l'approvisionnement énergétique.

"On est maintenant entraînés dans l'abîme par les Verts."
Bart De Wever
Président de la N-VA

De Wever propose donc une majorité alternative à la Chambre pour renverser la loi sur la sortie du nucléaire. Selon lui, les partis de la "bulle des cinq" avec laquelle il a négocié une nouvelle coalition fédérale cet été - N-VA, PS, sp.a, CD&V et cdH - sont tous contre la sortie du nucléaire, et il y a donc une majorité à trouver au Parlement. Mais les socialistes et le CD&V sont maintenant dans la coalition Vivaldi avec les libéraux et les Verts. "J'ai dit 'Gardons les centrales nucléaires ouvertes' et trois secondes plus tard, j'ai eu un accord, ce sont les négociations les plus faciles que j'aie jamais faites", selon Bart De Wever. "On sait que c'est totalement irresponsable, mais on est maintenant entraînés dans l'abîme par les Verts. Je pense que ces partis sont tombés de leurs sièges en raison de la dextérité de Tinne Van der Straeten (ministre de l'Énergie, Groen), qui connaît très bien le dossier, pour manœuvrer très rapidement".

Bart De Wever assure qu'il ne demande rien en échange de l'offre. "On peut obtenir nos votes. Nous sommes le plus grand parti, il y a des tonnes de sièges à avoir, et je les offre généreusement", a-t-il déclaré.

CD&V et PS refusent

La proposition de Bart De Wever vise bien entendu à semer la zizanie dans la coalition Vivaldi. Mais le CD&V a d'ores et déjà décliné l'offre. Le président du CD&V, Joachim Coens, souligne que son parti s'en tient à l'accord de coalition. "L'accord de coalition réaffirme la sortie du nucléaire, qui avait déjà été décidée, mais prévoit en même temps un moment d'évaluation en novembre 2021 sur la sécurité d'approvisionnement et le prix. C'est très important pour nous. Le gouvernement prendra alors une décision. Il n'y a aucune raison pour nous maintenant de douter de cela", a réaffirmé Joachim Coens.

Même tonalité au PS. Le parti dirigé par Paul Magnette fait savoir qu'il s'en tiendra à l'accord de gouvernement. "C'est un accord très sérieux qui prévoit le maintien éventuel de deux centrales", indique le PS dans une courte réaction

La ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) souligne à nouveau samedi qu'elle s'en tient à l'accord de coalition. C'est sa "feuille de route pour une Belgique durable et prospère", a-t-elle tweeté. "L'incertitude et les retards nous ont amenés dans cette situation. La vision et l'expertise sont ce qui nous met sur la bonne voie".

"Nous allons nous y prendre de façon intelligente" pour gérer la sortie du nucléaire en 2025, a promis jeudi à la Chambre le Premier ministre Alexander De Croo, confirmant qu'une évaluation approfondie serait élaborée au plus tard pour novembre 2021. "Nous allons assurer un monitoring constant des prix et de la capacité. (…) Au plus tard pour novembre 2021, une évaluation approfondie sera réalisée. S'il devait apparaître qu'un problème inattendu se pose, le gouvernement prendra les mesures qui s'imposent. C'est dans l'accord de gouvernement.", a-t-il ajouté.

Cette semaine, l'exploitant des centrales nucléaires du pays, Engie Electrabel, a fait savoir à son personnel qu'il interrompait tous les projets et investissements liés à la prolongation des centrales nucléaires belges. Une annonce dont la fuite dans la presse a fait grand bruit, même si l'énergéticien, surpris de l'ampleur que prenait la nouvelle dans les médias, a tenté de rectifier le tir, indiquant qu'il continuerait de travailler sur les deux options – la fermeture et la prolongation – soit le désir exprimé par le gouvernement fédéral.

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