Dépression, maladie du siècle? "Non, marché du siècle!"

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"La plupart des dépressions sont d’origine sociétale, créées ou aggravées par une société de plus en plus dominée par l’argent." Deux professeurs dénoncent ainsi le recours abusif à la médication face aux problèmes de dépression.

La dépression, maladie du siècle? "Non, le marché du siècle!", clament Philippe Even et Bernard Debré dans un livre critique envers les antidépresseurs mais dont les principales conclusions sont contestées par les psychiatres.

Les deux professeurs sont des habitués des ouvrages polémiques. En 2015, ils ont reçu un blâme de l’Ordre des médecins après la sortie de leur "Guide controversé des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux". Puis, le Pr. Even a été radié après avoir traité des confrères de "putains académiques".

Ils sortent un nouveau livre, "Dépressions, antidépresseurs, psychotropes et drogues" (editions du Cherche Midi). Il s’articule autour d’une thèse principale: 80% des dépressions sont "élevées de façon délibérée au rang de maladies" alors qu’elles ne justifient pas l’usage d’antidépresseurs. "La plupart des dépressions sont d’origine sociétale, créées ou aggravées par une société de plus en plus dominée par l’argent", écrivent les auteurs.

"80% des dépressions sont élevées de façon délibérée au rang de maladies."

Selon eux, "ce sont les dérives de cette société-là qu’il faudrait d’abord corriger, pour recréer les conditions du bonheur de tous, plutôt qu’endormir souffrances et anxiétés à coups de pilules miraculeuses", explique Philippe Even, selon qui "le coût des antidépresseurs est d’environ 2 milliards d’euros, cinq fois le déficit des hôpitaux. Je voudrais qu’on dépense moins pour ça et un peu plus pour la psychothérapie, où le médecin écoute, essaie de rassurer, (…)", poursuit-il.

Le débat sur les antidépresseurs n’est pas nouveau. Dans son rapport annuel, l’Assurance maladie dit vouloir relancer la réflexion sur ces médicaments, "probablement trop fréquemment prescrits de manière inadéquate".


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