Dernière chance pour la concertation sociale mercredi

Thierry Bodson (FGTB) ne rejette pas encore formellement le compromis du gouvernement. ©BELGA

Les partenaires sociaux ont écouté les explications du Premier ministre. S'ils formalisent leur désaccord mercredi, le gouvernement avancera seul.

Les partenaires sociaux avaient rendez-vous chez le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld), flanqué du ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS), ce lundi pour prendre connaissance des aspects technique du projet d’accord salarial concocté par le gouvernement. Au total, la réunion n’a duré qu’une demi-heure.

La prochaine étape, c’est ce mercredi avec une nouvelle réunion du Groupe des Dix où ils vont devoir formaliser (ou pas) leur désaccord. Une fois le blocage entre patrons et syndicats acté, le gouvernement pourra officiellement reprendre la main et imposer par arrêté royal sa propre solution, nous a confirmé le cabinet du Premier ministre.

Cette solution est le résultat d’un compromis entre libéraux et socialistes. En gros, la norme salariale est maintenue à 0,4% pour 2021 et 2022 (en plus des 2,85% d’indexation), ce qui répond aux exigences patronales. En échange, les syndicats se voient proposer une prime dite "corona" de 500 euros net (sous la forme d’un chèque consommation) pour les entreprises et les secteurs qui ont réalisé de bons résultats en dépit de la crise.

Au-delà de la question salariale, le gouvernement invite également les partenaires sociaux à se pencher sur une revalorisation du salaire minimum, les fins de carrière et l’harmonisation du deuxième pilier de pensions.

Pas d'actions maintenant

Au sortir de la réunion chez le Premier ministre, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s’est montrée avare de commentaires.

"La loi sur les salaires doit être modifiée pour rendre de la liberté aux négociations salariales."
CSC

Du côté de la CSC, on restait clairement sur sa faim. "On ne peut pas accepter la proposition de médiation du gouvernement car celle-ci entérine les principes de la loi sur les salaires en fixant une marge salariale de 0,4%. Cette loi doit être modifiée pour rendre de la liberté aux négociations salariales."

Le syndicat chrétien ne se prononce pas en revanche sur la prime à négocier dans les secteurs ou les entreprises "car elle est fixée par le gouvernement". "La proposition de négocier cette prime démontre en tout cas que la loi sur les salaires ne fonctionne pas", indique la CSC.

Du côté de la FGTB, on n’est pas plus emballé mais on temporise encore un peu. "Nous ne comptons pas rejeter la proposition de compromis avant la réunion entre partenaires sociaux mercredi", précise le président de la FGTB Thierry Bodson. "Nous allons examiner l’interprétation qu’accorde le banc patronal au texte du gouvernement."

2022
La FGTB insiste pour que la revalorisation du salaire minimum soit entamée dès 2022.

Concrètement, il s’agit selon lui de vérifier si les patrons sont disposés à discuter d’un relèvement du salaire minimum dès 2022. "C’est un point fondamental pour nous afin d’enclencher la trajectoire de rattrapage entre salaire minimum et salaire médian", explique Thierry Bodson. Le texte de la Vivaldi parle, lui, d’une "trajectoire de convergence étalée sur plusieurs accords interprofessionnels et démarrant après la crise".

"Nous ne sommes pas encore dans la phase des actions."
Thierry Bodson
Président de la FGTB

Pas question donc pour l’instant d’appeler à des actions. "Nous ne sommes pas encore dans cette phase. Peut-être y aura-t-il quelques actions locales, comme à Charleroi, par exemple, mais ce sera essentiellement de nature symbolique et pour maintenir une certaine pression", assure le patron de la FGTB.

S’il devait y avoir une position de refus dans le chef du syndicat socialiste, celle-ci ne serait pas officiellement actée avant la réunion du comité fédéral de la FGTB mardi prochain.

Le résumé

  • Les membres du Groupe de Dix ont rendez-vous mercredi pour une réunion de la dernière chance.
  • S'ils ne peuvent s'accorder sur la proposition du gouvernement, celui-ci avancera seul.
  • La CSC n'accepte pas la proposition de médiation du gouvernement.
  • La FGTB exige que la revalorisation du salaire minimum démarre dès 2022.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés