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Baromètre des investisseurs: les hommes trop sûrs d'eux en bourse?

Le baromètre ING révèle une pratique de plus en plus quotidienne de l'investissement. ©Getty Images

Le baromètre ING des investisseurs souligne un optimisme inédit depuis 6 ans pour les marchés d'actions. Les hommes et les jeunes semblent particulièrement confiants.

La rentrée a remonté le moral des Belges investis en bourse. Le baromètre ING des investisseurs a rebondi en septembre à 121 points, contre 116 points le mois précédent. Près de la moitié des personnes interrogées (48%) estiment que l’économie s’est renforcée au cours des derniers mois, tandis que 26 % pensent le contraire. Ils sont aussi 48% à voir la situation continuer à s'améliorer, contre 21% de pessimistes pour l'avenir.

Les attentes sont particulièrement élevées pour les marchés boursiers: 47% des investisseurs anticipent une hausse du cours des actions dans les trois prochains mois et seuls 20% prévoient une baisse. Un optimisme inédit depuis 2015. Les répondants attendent même un rendement annuel moyen sur dix ans d’un investissement en actions de 8%, soit le niveau le plus élevé depuis novembre 2008. Ils sont plus d'un quart (27%) à prévoir un rendement supérieur à 10% par an. Cette proportion atteint même 38% chez les moins de 35 ans.

"Cette estimation semble très optimiste, sachant que d’un point de vue historique, les valorisations ne sont pas bon marché à l’heure actuelle et que, dans les périodes de taux bas, les rendements futurs des actions sont généralement faibles", a réagi Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING Belgique.

"Excès de confiance"

"Un excès de confiance dans sa propre expertise en matière d’investissement est bien plus fréquent chez les hommes et les jeunes."
Peter Vanden Houte
Économiste en chef chez ING Belgique

Pour décrypter les causes de cet optimisme, le baromètre ING a sondé la confiance en soi des répondants: près d'un quart d'entre eux (24%) pensent avoir des connaissances supérieures à la moyenne en matière d'investissements, tandis que 31% estiment être sous la moyenne.

Mais chez les seuls hommes, ces proportions sont inverses: 30% d'entre eux estiment mieux s'y connaître que la moyenne, et seuls 24% pensent l'inverse. Les femmes, quant à elles, ne sont que 17% à juger leurs connaissances supérieures à la moyenne. 40% d'entre elles estiment en savoir moins que les autres en matière d'investissement.

Les jeunes investisseurs - nombreux à avoir découvert les marchés d'actions à la faveur des confinements - font aussi preuve d'une grande assurance: 37% des moins de 35 ans pensent avoir une meilleure expertise que l'investisseur moyen, et 32% estiment qu’ils ont obtenu de meilleurs rendements que la moyenne lors de l'année passée.

43%
43% des personnes interrogées estiment que pour tirer un bénéfice d’un investissement en actions, il faut s’en occuper presque quotidiennement.

Pour Peter Vanden Houte, cet aplomb n'est pas forcément lié aux connaissances véritables des investisseurs sondés: "Les études internationales montrent qu’un excès de confiance dans sa propre expertise en matière d’investissement est bien plus fréquent chez les hommes et les jeunes, ce que le baromètre ING des investisseurs semble confirmer pour la Belgique."

Une activité quotidienne

Autre point sur lequel les jeunes se distinguent de la majorité des investisseurs: alors que trois quarts des répondants estiment que les investissements doivent se faire à long terme, seuls 53% des moins de 35 ans pensent de même. La perspective de rendement s'en retrouve raccourcie. 68% des investisseurs sondés estiment que le détenteur d'un portefeuille d’actions bien réparti ne subira aucune perte au bout de dix ans, et un quart d'entre eux entrevoient même un rendement dans les cinq ans.

Près de la moitié des investisseurs décrivent le suivi de leur portefeuille comme un exercice passionnant ou agréable.

Ces projections à plus court terme sont favorisées par une nouvelle pratique plus fréquente et réactive de l'investissement. 43% des personnes interrogées estiment que pour tirer un bénéfice d’un investissement en actions, il faut s’en occuper presque quotidiennement. En outre, 39% pensent qu’il faut régulièrement procéder à des achats et à des ventes.

La volatilité que connaissent les marchés depuis un an peut expliquer cette implication accrue de l'investisseur au quotidien. Mais au-delà des fluctuations des marchés, celui-ci semble développer un nouveau rapport à l'investissement, de plus en plus vécu comme un passe-temps depuis le confinement et l'avènement des plateformes de trading telles que Robinhood. Près de la moitié des investisseurs décrivent ainsi le suivi de leur portefeuille comme un exercice passionnant ou agréable.

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