Echanger sa voiture contre du cash? Pas pour moi!

©Bloomberg

Deux mois après l'introduction du système "cash for car", quasi aucun Belge n'a renoncé à son véhicule de société. "L'intérêt est très maigre."

Renoncer à son véhicule de société en échange d'une indemnisation très peu taxée, telle était l'idée du gouvernement pour réduire les longues files sur nos routes. Mais deux mois après l'introduction du fameux "cash for, car", l'engouement se fait attendre.

"À ce jour, 23 salariés de 22 entreprises ont échangé leur voiture de société contre une indemnisation," explique Veerle Janssens chez SD Worx. Ce spécialiste RH conseille quelque 24.000 sociétés avec plus de 500.000 salariés disposant d'une voiture de société.

La situation n'est guère mieux chez Acerta qui avec ses quelque 40.000 clients-entreprises note un "intérêt très maigre". "Nous avons reçu peu de questions des entreprises pour le cash for car," reconnaît Dirk Wijns, directeur. "Le nombre de dossiers pour bénéficier du système se compte sur les doigts des deux mains. Nous ne sommes absolument pas débordés."

SD Worx se montre toutefois prudent face à ces chiffres. "Le système n'est d'application que depuis deux mois. Les salariés doivent remettre effectivement leur véhicule et les employeurs doivent donner leur accord pour l'échange de celui-ci contre du cash." 

Veerle Janssens note ainsi la volonté de certains employeurs de vouloir attendre la fin du contrat de leasing pour valider le choix. "Les salariés qui demandent aujourd'hui du cash sont ceux qui le veulent absolument.  Les sociétés, elles, n'ont pas encore toutes intégré le système dans leur politique de mobilité."

Les salariés qui renoncent définitivement à leur voiture de société reçoivent en échange jusqu'à 700 euros net par mois. La mesure était soutenue principalement par l'Open VLD. "Laissons les gens gagner de l'argent et décider eux-mêmes de ce qu'ils vont en faire", avait expliqué la présidente Gwendolyn Rutten.  

Et le budget mobilité...

L'absence d'engouement pour la mesure n'est toutefois pas une surprise. Diverses études avaient déjà montré que les salariés étaient peu enclins à renoncer à leur voiture de société. Une enquête menée par SD Worx avançait à l'époque que seuls 2.000 salariés, soit près de 16% des navetteurs, se montraient intéressés. 

Dans le secteur automobile, la mesure n'a pas non plus suscité les passions.  "Cette indemnisation en échange de la voiture n'apportera rien aux défis sociétaux et ne réduira pas l'impact économique des files", expliquait la fédération automobile lors de l'introduction de la mesure.

Pas plus de soutien du côté des partenaires sociaux. Ils soutenaient davantage l'idée d'un budget mobilité dans lequel une des mesures était l'échange de son véhicule contre un plus petit. La différence de coût ainsi dégagée pouvait être utilisée à d'autres fins pour avoir un impact positif sur le trafic: abonnement de train, achat d'un vélo ou du cash.   

Les discussions gouvernementales sur le cash for car avaient abouti en mars sur un accord de principe sur ce budget mobilité qui devra prochainement être finalisé. "Le budget mobilité pourrait rencontrer davantage de succès, car les possibilités sont multiples", considère Dirk Wijns. "Échanger un véhicule de société en ce compris les frais d'entretien et les assurances contre de l'argent cash et devoir réorganiser ses trajets travail-domicile n'est pas évident."   

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