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En 2020, le soutien public a sauvé les ménages et les entreprises du naufrage

L'horeca a été le secteur le plus durement touché par la crise sanitaire. ©BELGAIMAGE

Malgré une économie en arrêt forcé, l'emploi a été sauvé par l'intervention des pouvoirs publics. Tant les ménages que les entreprises ont ainsi pu se constituer un solide bas de laine.

Une contraction de l'économie de 5,7% et un déficit de 9,1%. À eux seuls, ces deux chiffres illustrent l'ampleur du choc économique provoqué en 2020 par la pandémie. L'Institut des comptes nationaux (ICN) vient de fournir un bilan chiffré quasiment définitif d'une année totalement inédite pour l'économie belge.

-5,7%
Avec une baisse de 5,7%, le Produit intérieur brut (PIB) de la Belgique a enregistré en 2020 son plus mauvais résultat depuis la Seconde Guerre mondiale.

PIB en chute libre

L'an dernier, le Produit intérieur brut (PIB) de la Belgique a enregistré, avec une baisse de 5,7%, son plus mauvais résultat depuis la Seconde Guerre mondiale. Les contraintes sur l'offre et la demande générées par la crise sanitaire ont fait chuter la valeur ajoutée de la quasi-totalité des branches d'activité.

Les secteurs les plus touchés ont été l'horeca et la culture, avec des baisses de valeur ajoutée comprises entre 20 et 47%. Dans ces branches, l'arrêt de la production imposé par les restrictions sanitaires n'a pas pu être compensé par le développement d'activités à distance.

Moins touchés, le transport et le commerce ont néanmoins enregistré des reculs compris entre 6 et 8%, suite à la fermeture des commerces non essentiels, les restrictions de voyages et la généralisation du télétravail. La construction et les activités financières et d'assurances ont, pour leur part, vu leur activité baisser respectivement de 5 et 4%.

Aujourd’hui, c'est l’industrie qui paie les conséquences de la crise sanitaire, avec des pénuries pour certains composants qui pénalisent la production.

À l'inverse, l'industrie pharmaceutique et le secteur énergétique ont progressé de 3% et 5% l'an dernier.

-8,2%
C'est principalement la chute vertigineuse de 8,2% de la consommation privée qui a pesé sur la croissance belge l'an dernier.

En 2020, c'est principalement la chute vertigineuse de 8,2% de la consommation privée qui a pesé sur la croissance. Ce facteur explique pour trois quarts le recul du PIB. Aux obstacles physiques à consommer découlant des mesures sanitaires s'est ajouté l'incertitude des ménages quant à leur capacité financière future.

Déficit abyssal

De son côté, la consommation publique est restée stable, en raison des mesures de soutien public face à la pandémie, ainsi que de l'inertie de certaines dépenses, comme les salaires des fonctionnaires ou les soins de santé.

9,1%
de déficit
Le soutien public a un prix. D'où un déficit abyssal de 9,1% enregistré en 2020.

Ce soutien public a évidemment un prix. D'où un déficit abyssal de 9,1% enregistré en 2020. Un tel déficit n'était plus arrivé depuis le milieu des années 1980. Les recettes ont reflué de 10 milliards d'euros, tandis que les dépenses ont progressé de 22 milliards. Parmi celles-ci, les dépenses publiques directement imputables aux mesures prises pour lutter contre la pandémie sont estimées à 16 milliards d'euros, soit 3,5% du PIB.

Résultat: fin 2020, la dette a bondi à 112,8% du PIB, contre 97,7% un an plus tôt.

L'emploi s'est maintenu

Malgré l'effondrement d'une partie de l'économie, l'emploi est resté stable en 2020. Le nombre de salariés a certes diminué de 0,4% (soit 15.200 personnes), mais ces pertes ont été compensées par des créations nettes d'emplois indépendants similaires à celles des années précédentes (+1,7% ou 14.300 personnes). Le volume de travail a, en revanche, fortement reculé (-8,5%), absorbant intégralement la baisse de l'activité.

28,7
milliards d'euros
Les ménages se sont constitué l'an dernier un bas de laine de 28,7 milliards d'euros, soit 6,3% du PIB.

Le soutien public et l'impossibilité de consommer ont permis aux ménages de se constituer un bas de laine impressionnant de 28,7 milliards d'euros, soit 6,3% du PIB. Un mouvement similaire, quoique de moindre ampleur, a été observé au niveau des sociétés, dont le solde de financement a atteint 15,9 milliards d'euros l'an dernier, ou 3,5% du PIB.

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