En 4 ans, la dette wallonne a augmenté de 25%

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L'Institut des comptes nationaux a publié les comptes des entités fédérées. La Wallonie et la Communauté française respectent leur trajectoire budgétaire, mais leur endettement dépasse les 14 milliards.

 

La publication des comptes 2012 par l'Institut des comptes nationaux confirme que la Wallonie et la Communauté française respectent leurs engagements budgétaires. Leur déficit global est de 530 millions, soit 31 millions de moins que l'objectif de stabilité. Une bonne chose avant de négocier les échéances des prochaines années.

Le dérapage au niveau national (déficit de 3,9% du PIB au lieu des 2,8% prévus) relève essentiellement du niveau fédéral (même hors Dexia), ainsi que des communes, en raison du cycle électoral.

Les budgets 2013 de la Wallonie et de la Communauté française sont toujours en phase avec la trajectoire (déficit ramené à 338 millions). Mais pour éviter tout dérapage, il faudra, en raison de la faible croissance, trouver 260 millions lors de l'ajustement budgétaire. Sans compter les efforts supplémentaires qui pourraient découler du contrôle budgétaire fédéral.

Si un chiffre doit inquiéter les autorités du sud du pays, c'est sans doute celui de la dette. Fin 2012, elle s'élevait, selon l'ICN, à 8,790 milliards à la Région et à 5,4 milliards à la Communauté. Cela représente une hausse nominale de 25% sur la législature! "C'est l'emballement durable", ironisait le député MR Jean-Luc Crucke, il y a quelques mois quand la dette wallonne avait franchi le cap de 8 milliards.

Les deux entités paient ensemble 500 millions d'euros de charges d'intérêt. C'est deux fois la dotation annuelle au Plan Marshall ou cinq fois le plan Cigogne (crèches).

Les chiffres de l'ICN dépassent de loin ceux annoncés par André Antoine lors de la présentation du budget 2013. Il parlait alors d'une dette de 5,8 milliards d'euros pour la Wallonie et de 4,3 milliards pour la Communauté.

D'où vient cette différence? De la prise en compte, ou non, de la dette d'organismes pararégionaux. L'ICN inclut les 750 millions de Fiwapac (outil qui gère les participations bancaires de la Région), 256 de la SRWT (TEC), 250 de la Sofico (société de financement complémentaire des infrastructures)... et ajoute ainsi 2,8 milliards à la dette.

"Le gouvernement a centralisé la trésorerie des organismes régionaux, il est logique de prendre alors aussi leurs dettes, estime Crucke. On ne peut pas intégrer les avantages et rejeter le reste. Cette supercherie ne peut durer éternellement."

Le sort de la Sofico

L'analyse de l'ICN reprend bien la Sofico dans le périmètre régional, comme cela avait été annoncé en début d'année. Cela affecte négativement le solde wallon de 169 millions. Mais, surtout, cela risque de peser lourdement les prochaines années, car la Sofico doit investir 500 millions pour remettre le réseau routier wallon en bon état. Avec cette requalification la Sofico pourrait perdre son assujettissement à la TVA, ce qui pèserait sur ses coûts de fonctionnement.

Les autorités wallonnes craignent, en outre, que d'autres organismes comme la SPGE (eaux), le CRAC (aide aux communes) ou la Sowaer (aéroports) ne soient à terme repris aussi dans le périmètre de la Wallonie. Cela pourrait avoir de très lourdes conséquences pour l'endettement wallon.

La Sofico a introduit une réclamation contre cette requalification. Cela reste toutefois de l'ordre du symbolique, car c'est la Région qui doit introduire un recours devant Eurostat. Et, pour l'heure, le gouvernement n'a toujours pas bougé.

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