Et si les soldes étaient en février?

©Debby Termonia

Le ministre en charge des PME Willy Borsus a lancé un grand sondage dans le but d’entamer une réflexion sur les soldes. Pour les organisations de défense des indépendants, il faut non seulement reculer les périodes des soldes, mais aussi recadrer la politique en matière de réductions pour le restant de l’année. L’Union des Classes moyennes propose un système limitatif mais "à la carte".

Les soldes ont-ils besoin de faire leur grande révolution? Le ministre en charge des PME Willy Borsus (MR) se pose la question, et organise actuellement une grande foire aux avis à destination des commerçants mais aussi des consommateurs. Il aurait déjà reçu près de 600 réponses en moins de 48 heures.

Changer ou non les dates des soldes, la question est au centre des débats.

-> Selon une enquête réalisée par le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI), 93% des commerçants du textile seraient en effet favorables à un changement de la période des soldes, et 62% veulent que les soldes soient retardés d’un mois, c’est-à-dire qu’ils aient lieu en février et août.

"C’est dû en grande partie à la météo qui a changé explique Sven Nouten du SNI. Cette année, par exemple, il a encore fait très chaud en septembre et dans tous les magasins, on était déjà passé à la saison automne et hiver." L’Union des Classes moyennes (UCM) abonde également dans ce sens. "Il y a un report de certains achats vers la période des soldes, qui fait que les commerçants sont un peu victimes du système et se retrouvent à devoir brader des stocks à des prix cassés", ajoute Jonathan Lesceux du service d’études de l’UCM.

Pourtant, de nombreux consommateurs souhaiteraient l’inverse, avec des périodes des soldes avancées dans la perspective de pouvoir effectuer leurs achats de Noël à prix cassé. Comment, dès lors, concilier des avis aussi divergents? Au cabinet du ministre, on reste prudent en disant vouloir attendre les résultats de l’étude pour trancher. "Évidemment, nous gardons toujours dans notre viseur l’intérêt des commerçants et des indépendants", laisse toutefois entendre Pauline Bievez, porte-parole de Willy Borsus.

"Trop de réductions…"

Les présoldes sont une autre source d’interrogation. Durant ce mois qui précède chaque période de soldes, il est interdit pour les commerçants en textile d’annoncer des réductions, à l’exception des ventes groupées. Une disposition légale plus d’une fois détournée.

Selon le SNI, 77% des commerçants seraient favorables à la période de présoldes, mais nombre d’entre eux se déclarent aussi pour un durcissement légal en matière de ventes conjointes. Mais ce n’est pas le seul point qui chipote les organisations de défense des indépendants: actuellement, il est en effet possible pour un commerçant de proposer des réductions toute l’année, sauf durant les pré-soldes, ce qui à tendance à faire perdre leur sens à ces ristournes.

"Trop de réductions tue la réduction", soutient Jonathan Lesceux, qui avance une solution axée sur la flexibilité. "On pourrait limiter les réductions aux périodes de soldes uniquement, et alors les commerçants auraient droit à des dérogations pour un certain nombre de semaines." Une sorte de système à la carte, donc: "Par exemple, en zone transfrontalière, si on a envie de se défendre par rapport à Maastricht, on peut les faire un peu avant les soldes. Dans d’autres régions, les commerçants qui voudraient avoir une autre stratégie les font, par exemple, au moment du Black Friday, etc."

Enfin, la vente en ligne trouve aussi sa place dans la réflexion sur les soldes, puisque les entreprises belges subissent la pression des grandes enseignes, telles que Zalando ou Asos, basées dans des pays où les périodes de soldes sont donc différentes. De concert, l’UCM et le SNI demandent une harmonisation générale. Mais il ne faut pas se voiler la face: selon eux, ce n’est sans doute pas demain que celle-ci serait mise en place par l’Europe.

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