Faillites: le calme avant la tempête

Brantano fut la plus grosse faillite cet été. ©Photo News

Les faillites ont reculé de 33% en juillet et août, selon Graydon. Mais l'automne risque d'être meurtrier une fois que les mesures de soutien disparaîtront.

Les mois d’été (juillet et août) se sont soldés par 918 faillites, d’après les chiffres de Graydon, soit 33% de moins que durant la même période l’an dernier.

Sur les 8 premiers mois de l’année, on dénombre 5.289 faillites, soit 30,2% à un an d'écart. La tendance est la même au niveau de l’emploi. Depuis le début de l’année, 13.864 emplois sont passés à la trappe pour cause de faillite, soit 4,5% de moins à un an d'écart. La plus grosse faillite de l’été fut celle de Brantano (698 emplois) au mois d’août.

À noter que les faillites ont moins baissé en Flandre (-19%) qu’en Wallonie (-23%) et à Bruxelles (-63%).

"Nous craignons que les consultants n’incitent les entreprises à faire aveu de faillite."
Eric Van den Broele
Graydon

50.000 faillites en vue

Les chiffres actuels des faillites ne reflètent pas l’état de l’économie réelle. Bon nombre d’entreprises peinent à maintenir la tête hors de l’eau. Pour l’heure, elles ne tiennent que grâce aux mesures de soutien des pouvoirs publics. Graydon s’attend à un déferlement de faillites cet automne.

5.289
faillites
Sur les 8 premiers mois de l’année, on dénombre 5.289 faillites, soit 30,2% de moins sur un an.

Eric Van den Broele, de Graydon, estime que la loi de 2018 sur les faillites devrait être corrigée afin d’endiguer le raz de marée qui se profile. "Nous craignons que les consultants n’incitent les entreprises à faire aveu de faillite, alors qu’il s’agit souvent d’entreprises qui étaient saines avant la crise. La loi sur l’insolvabilité de 2018 permet à ces entrepreneurs malheureux de redémarrer rapidement une activité. En soi, c’est une bonne chose mais, dans les circonstances actuelles, cela comporte un effet pervers. Comme les aveux de faillite sont traités de manière administrative, on risque d’assister à un effet boule de neige au sein des chaînes de production. Cet effet domino risque d’entraîner d’autres entreprises dans la chute."

Il met en garde: "Les tribunaux seront débordés et le traitement des dossiers risque de prendre du retard." C’est pourquoi il suggère de permettre aux tribunaux d’éventuellement refuser la faillite. "À défaut, on risque 50.000 faillites supplémentaires dans les prochains mois et les prochaines années suite à la crise sanitaire."

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