Frank Robben noie le poisson en commission Justice

Frank Robben a été auditionné en commission Justice pour son rôle dans un projet qui viserait à profiler tous les Belges. ©Tim Dirven

Frank Robben, l'homme aux multiples casquettes dans le domaine de l'ICT dédié aux soins de santé, est passé sur le gril de la commission Justice pour son projet "Putting data at the center".

Frank Robben était auditionné ce mardi matin en commission Justice de la Chambre au sujet de "Putting data at the center", un projet qui fait beaucoup parler de lui depuis que Le Soir en a révélé la teneur. Le but serait de pouvoir croiser toutes les données des Belges. Le concept inquiète.

"Ce n’est pas un projet de la Smals."
Frank Robben
Patron de la Smals

Il aurait été lancé, selon Le Soir, par la Smals, une ASBL qui gère l’informatique de l’État et à la tête de laquelle on retrouve ce grand ponte de la gestion des données qu'est Frank Robben. Celui-ci est aussi administrateur de la Banque carrefour de la sécurité sociale et de la plateforme e-Health, ainsi que membre de l’Autorité de protection des données (APD) et du Comité de sécurité de l'information (CSI) dont la concurrence avec l'APD pose question.

Peu d'infos...

Frank Robben avait déjà qualifié de "fake news" les informations du Soir, mais les députés de la commission Justice voulaient faire la clarté sur ce projet. Robben semblait le bon client pour y répondre, mais les élus sont restés sur leur faim. Pour Vanessa Matz (cdH), le "poisson a été noyé".

"Ce n’est pas un projet de la Smals", a affirmé Robben. Au final, durant les trois heures d'audition, il n'aura été que peu question de ce "Putting data at the center", devenu " Smart data services" et suspendu finalement par le secrétaire d'État Mathieu Michel, alors que c'était pourtant le seul objet de l'audition. Le haut fonctionnaire a surtout abreuvé les commissaires de propos périphériques sur la philosophie de la transmission de données.

"La Smals n’est qu’un véhicule, je n’ai aucune vue, je n'ai pas la main sur tous les gens de la Smals qui sont envoyés surtout quand il s’agit de consultants utilisés dans différentes institutions."
Frank Robben
Patron de la Smals

La responsabilité du SPF Bosa

Qu'a-t-il quand même bien voulu dire concernant ce projet? Le concept trouverait son origine dans un organe interne au SPF Bosa (Stratégie et Appui), "un groupe de gens réunis par Alexander De Croo, 7 ou 8 fois, pas de façon formelle, pour essayer de faire évoluer la Belgique sur le plan de la digitalisation en général. De là ont été déduits des projets, dont apparemment 'Putting Data at the Center', mais qui n'était pas encore connu sous ce nom. La seule partie opérationnelle que j’ai connue, c'est le projet Best Adress, une source authentique des adresses en Belgique, qui ne sont pas des données à caractère personnel."

Il n'en dira guère plus. Ce serait là le seul projet concret lancé dans le giron de ce groupe Be Digital. Des collaborateurs de la Smals ont-ils participé à ce projet? Il ne sait pas trop. "La Smals n’est qu’un véhicule, je n’ai aucune vue, je n'ai pas la main sur tous les gens de la Smals qui sont envoyés surtout quand il s’agit de consultants utilisés dans différentes institutions."

"Le CSI prend la place du Parlement parce qu'il n'y a pas de débat parlementaire."
Frank Robben

Qui pourrait éclairer davantage les parlementaires sur ce projet? Évasif, Frank Robben a renvoyé vers le SPF Bosa.

Conflit d'intérêt?

Une partie des débats s'est concentrée sur la force des décisions prises dans le cadre du Comité de sécurité de l'information et sur les éventuels conflits d'intérêts entre le statut de Frank Robben à l’Autorité de protection des données et sa position à la Smals. L'homme dit quitter la table des discussions quand ses différentes casquettes l'exigent.

"Le CSI prend la place du Parlement parce qu'il n'y a pas de débat parlementaire, pas de loi quand le CSI autorise la transmission de données par d’autres opérateurs que ceux qui les ont collectées au départ", a regretté la députée MR Nathalie Gilson.

Pour Frank Robben, ce processus est régi par un souci de rapidité. "Les principes de base doivent être repris dans un texte de loi décidé par le Parlement", reconnaît toutefois celui qui assure son grand souci pour "la transparence et la confiance". Mais la loi ne doit pas aller trop loin, au risque de freiner "des choses opérationnelles utiles". Selon lui, "il doit y avoir une relation de confiance avec un reporting". Le tout étant de savoir où commence l'aspect purement "opérationnel"...

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