Gel des salaires : la FEB ne comprend pas la plainte

La Fédération des entreprises de Belgique a qualifié vendredi "d'incompréhensible" la plainte contre le gel des salaires en Belgique déposée par les organisations syndicales belges auprès de l'Organisation internationale du Travail (OIT). L'organisation patronale souligne que la décision prise par le gouvernement fédéral est totalement conforme à la loi de 1996 sur la compétitivité des entreprises belges.

Le gouvernement a décidé fin 2012 que les partenaires sociaux ne peuvent négocier en 2013 et 2014 de hausses collectives des salaires en dehors de l'indexation et des augmentations barémiques liées à l'ancienneté. Les syndicats dénoncent toutefois une violation de la liberté de négociations, "un droit de base aux yeux de l'OIT".

La FEB estime de son côté que le gouvernement "n'a pas eu d'autre choix que de prendre ses responsabilités", en l'absence d'un accord salarial entre les partenaires sociaux.

Les employeurs citent un rapport d'experts remis au gouvernement avant les vacances d'été et chiffrant à 16,5% le handicap salarial des entreprises belges par rapport aux pays voisins. Afin de commencer à combler cet écart, "le maintien d'une norme salariale de 0% est capital pour la compétitivité des entreprises belges et donc pour l'emploi dans notre pays", conclut la FEB.

Du côté des classes moyennes, l'UCM estime "culotté" de parler de gel des salaires alors qu'ils continueront à augmenter en 2013 et 2014 au rythme de l'indice des prix. "Selon les prévisions actuelles, cela représentera entre 2,5% et 3% de hausse. Pour une PME wallonne moyenne de neuf personnes, avec des salaires moyens de 3.000 euros bruts, cela représente un surcoût de 12.000 à 15.000 euros sur une année. Du point de vue de l'employeur, parler d'une évolution zéro pour les salaires est une escroquerie intellectuelle", juge l'UCM dans un communiqué.

L'UCM considère que la Belgique ne sortira de la crise et ne créera des emplois qu'en rétablissant sa compétitivité, ce qui "passe inévitablement par une modération salariale".

"C'est une grave erreur. Les Allemands eux-mêmes se rendent comptent qu'il va falloir changer de cap par rapport à cette stratégie de modération salariale, alors ne tombons pas dans le piège", rétorque Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB. La responsable du syndicat socialiste demande de "donner de réelles perspectives aux travailleurs", en proposant des "solutions offensives et non pas des politiques défensives".

La FGTB privilégie trois mesures de relance: un soutien du pouvoir d'achat et de la demande interne, une réforme fiscale pesant moins sur le revenus du travail et plus sur ceux du capital et une redynamisation de l'économie en vue de fabriquer des produits qui se vendent à l'extérieur.

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