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Grève générale et foot pour les Belges en Argentine

Lorsque la délégation belge arrivera en Argentine, le pays vivra au rythme des manifestations, des grèves et de la Coupe du monde - où l'équipe nationale ne brille guère. ©AFP

La mission économique emmenée par la Princesse Astrid débarque dans un pays mis sous pression par le Fonds monétaire international et… sa mauvaise équipe de football.

Électroencéphalogramme plat. Ou presque: la délégation de chefs d’entreprises et businessmen qui entamera, sous la conduite de la princesse Astrid, une mission économique en Argentine débarque à Buenos Aires dans un drôle de contexte. Un haut diplomate argentin résume:

"Lundi, c’est grève générale, mardi c’est match de football de notre équipe nationale et mercredi, les services publics fonctionnent selon un horaire aménagé."

L’Argentine est en effet embarquée dans un nouveau programme de redressement économique piloté par le gouvernement de droite en poste depuis 2015: celui-ci est en cheville avec le Fonds monétaire international. Le FMI – dont les Argentins se méfient comme de la peste – impose à Buenos Aires ses traditionnels remèdes de cheval, ce qui conduit au mécontentement et à la grève générale de lundi prochain. Un fin observateur relève: "Les Argentins détestent le FMI." Le souvenir des saignées imposées au début des années 2000 est encore vif et l’analogie avec ce qu’ont vécu les Grecs ces dernières années est pertinente.

Les prix de l’électricité et de l’énergie mais aussi des transports, qui étaient maintenus très bas via une politique de subvention de l’ancien gouvernement de gauche, ont à présent explosé. Après avoir connu une embellie et une croissance forte durant la dernière décennie, les maux traditionnels argentins sont désormais de retour: l’inflation y est un problème structurel et galope autour des 15 à 20%, le contrôle des changes, la stabilité de la devise par rapport au dollar est délicate, et, enfin, l’endettement y est jugé très problématique par le FMI. La droite avance donc graduellement sur le chemin des réformes imposées par les instances internationales – d’où le nom de "politique du gradualisme".

Dans ce pays gigantesque de 44 millions d’habitants, mais dont un tiers vit dans la capitale Buenos Aires, le gouvernement fait face à un manque criant d’infrastructures, l’industrie est vieillissante et doit être relancée. L’actuel exécutif compte beaucoup sur les énergies renouvelables et la forte capacité en terme éolien et solaire. L’agriculture, fer de lance de l’économie argentine, se heurte évidemment aux barrières européennes mises en place pour dompter les exportations argentines vers l’UE – il en sera question lors des échanges qu’aura le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders avec ses homologues argentins et uruguayens (la mission ira également en Uruguay).

Lithium

L’autre filon argentin – admirez le jeu de mots – c’est le lithium. L’Argentine possède 13% des réserves mondiales de ce métal alcalin ultra-convoité par l’industrie informatique et, à ce stade, seul 25% des ressources en lithium de l’Argentine sont exploitées. Il reste donc un paquet de lithium à exploiter et à traiter: Solvay est, par exemple, dans la mission belge avec 7 collaborateurs. D’une manière générale, la pharma est bien représentée puisque GSK sera également de la partie.

Les exportations belges vers l’Argentine sont encore limitées mais augmentent régulièrement. La Belgique est le 6e exportateur européen: en 2017, elle a exporté pour 640 millions d’euros vers le pays d’Amérique Latine, ce qui en fait le 49e client de la Belgique (essentiellement des produits chimiques). De son côté, l’Argentine exporte pour 345 millions d’euros chaque année vers notre pays.

Pour le reste, la mission économique sera – inhabituellement – dominée par les conversations autour du ballon rond. Au pays de Maradona, alors que la bande à Messi désespère les Argentins après avoir été sèchement battue par la Croatie, un Argentin avertit: "Mardi, lorsque la sélection nationale va jouer, l’Argentine entière regardera son équipe, même si elle n’est vraiment pas terrible cette année". Par la suite, direction l’Uruguay où là aussi le pouls du pays bat au rythme de celui de la "Céleste", emmenée par Suarez et Cavani.

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