L'automatisation ne détruira pas forcément l'emploi

©GAMMA

L'accélération du progrès technologique et une évolution vers une plus grande automatisation suscitent des craintes sur l'emploi. Mais d'autres éléments pourraient compenser un impact négatif.

Une étude de l'OCDE affirme que l'emploi moyen en Belgique a 46% de chance d'être automatisé. Une proportion qui passe à 48% pour tous les pays de l'OCDE réunis. L'affirmation a déjà été évoquée mainte fois: l'accélération du progrès technologique et une évolution vers une plus grande automatisation ne sont pas sans susciter des craintes sur l'emploi. Mais quelles sont les répercussions actuellement observées? ING a mené l'enquête.

Le service d'études de la banque a ainsi comparé, au regard des avancées technologiques, l'évolution du nombre de personnes qui, en Belgique, exercent certaines fonctions; et ce durant une période allant de 2013 à 2016.

Quelles sont ces fonctions?

  • managers
  • professions intellectuelles, scientifiques et artistiques
  • techniciens
  • professions de base
  • artisans
  • commerciaux
  • opérateurs de machines, installateurs, assembleurs
  • agriculteurs, sylviculteurs, pêcheurs
  • personnel administratif
68%
Taux d'emploi
Le taux d'emploi des pays de l'OCDE atteignait 68% (+0,2 point de pour cent) au 4e trimestre 2017. La Belgique affichait un niveau inférieur à 63,9% (+0,6 point de pour cent). Dans la zone euro, le taux d'emploi augmentait de 0,3 point de pour cent (à 66,8%) avec les plus fortes fortes hausses pour l'Estonie et la Finlande.

Que constate-t-on pour ces fonctions?

→ Pour le personnel administratif: l'effectif a baissé de 7% entre 2013 et 2016. Cette catégorie affichait une probabilité d'automatisation de 93%.

→ Le groupe des professions intellectuelles, scientifiques et artistiques est quant à lui devenu plus important. Il présentait une probabilité d'automatisation de 14% seulement.

©Document ING

Il y a donc une corrélation entre la probabilité d'automatisation d'une profession et l'impact sur l'emploi. Une croissance, même d'un point de pour cent de la probabilité d'automatisation, s'est manifestée sur cette période par une diminution des postes de 0,16 point de pour cent. 

ING souligne toutefois qu'il existe des emplois à faible probabilité d'automatisation qui ont tout de même enregistré un recul de l'emploi. La raison? Pour les analystes d'ING celle-ci réside dans la demande. Il se peut ainsi que sur la période 2013–2016, le nombre de personnes exerçant un emploi à forte probabilité d'automatisation ait fortement augmenté à cause de la demande dans ce secteur.

©Document ING

Et pourtant...

Les pertes d'emplois dues à l'automatisation peuvent donc être compensées. ING en est convaincue, les nouvelles technologies sont porteuses de créations d'emploi.

L'automatisation devrait en effet avoir un effet positif sur la productivité. Une tendance de bon augure pour les salaires et donc le pouvoir d'achat. Et qui dit pouvoir d'achat accru dit production accrue et donc besoin accru de main d'oeuvre. 

"Comme nos possibilités technologiques évoluent sans cesse, il est extrêmement important que les travailleurs restent actifs sur le marché du travail et ne décrochent pas. Nous enfonçons peut-être des portes ouvertes, mais la participation à des formations appropriées est très importante. Nous pensons que les capacités d'adaptation et la volonté de changer seront de plus en plus un atout sur le marché du travail."

Reste que si la technologie est en évolution continue, d'autres éléments restent primordiaux sur le marché du travail:  la communication et le travail d'équipe. "Une étude réalisée pour les États-Unis indique que le nombre d'emplois pour lesquels les compétences sociales sont importantes a augmenté davantage que les emplois pour lesquels ce n'est pas le cas. Les salaires de ces emplois ont également augmenté plus vite que la moyenne sur la période considérée."

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